Les responsables agricoles européens – ministres comme commissaire – auront du mal à esquiver bien longtemps le débat sur la flambée des cours et les inégalités criantes qu’elle crée entre agriculteurs ou celui sur le pétrole cher et son impact dramatique sur le revenu des exploitations les plus fragiles. Mais il ne faut pas attendre de l’Europe une réponse à la hauteur de ces enjeux à l’occasion du bilan de santé de la Pac. Si les uns et les autres se bagarrent ici sur des augmentations de quotas, là sur une nouvelle réduction des aides directes, l’exercice reste modeste. Et que ce soit dans les fermes aux alentours de Maribor ou dans le prestigieux centre de conférence de Brdo non loin de Lubijana, aucun ministre ne s’est aventuré, lors de la réunion informelle des Vingt-sept en Slovénie, au-delà de quelques revendications à l’ampleur limitée. Chacun a fait preuve d’un « esprit constructif » tant il est clair qu’ouvrir un débat de fond compromettrait toute chance d’accord avant la fin de l’année, comme prévu. Après cette date, les pathologies les plus graves de la Pac n’attendront pas longtemps pour ressurgir. Et chaque pays ne manquera pas de défendre rapidement ses propositions pour l’après-2013. D’ici là, même si elle n’est pas complètement à leur goût, les Vingt-sept pourront se saisir de l’idée avancée par Mariann Fischer Boel d’utiliser exceptionnellement les marges budgétaires agricoles pour venir en aide aux pays en voie de développement. Une façon pour eux de montrer qu’ils ne sont tout de même pas indifférents à la crise alimentaire mondiale.
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