À l’occasion du salon Tech & Bio, les règles d’attribution des aides d’urgence aux agriculteurs bio ont été assouplies et le budget dédié à la communication a été regarni.
Dans le cadre de son dispositif de 60 millions d’euros d’aides d’urgence pour la bio, le ministère de l’Agriculture a assoupli sa lecture du critère de trésorerie, comme demandé par la Fnab (agriculteurs bio). Au premier jour du salon Tech & bio, le 20 septembre, la Rue de Varenne a mis à jour la FAQ publiée sur le site de FranceAgriMer. La dernière version (V5) indique que les situations présentant des éléments exceptionnels (absence de versement de salaire, injection de trésorerie personnelle..) « doivent être évaluées par le comptable » au vu de « sa connaissance de l’entreprise ». « Cela ouvre la possibilité aux centres de gestion d’être plus souples dans l’analyse de la trésorerie », s’est réjouie la déléguée générale de la Fnab Sophia Majnoni d’Intignano. La veille, le président de la Fnab Philippe Camburet confiait dans nos colonnes avoir demandé cet assouplissement au ministère. En revanche, la Fnab n’a pas obtenu le décalage des délais de clôture des exercices comptables. « L’exercice comptable admissible à l’indemnisation doit être clôturé entre le 01/06/2022 et le 31/05/2023 », signale une nouvelle ligne (n°45) dans la FAQ.
Interrogé le 21 septembre, au salon Tech & Bio, sur une éventuelle augmentation de l’enveloppe de 60 millions d’euros (M€) d’aides d’urgence à la bio souhaitée par les producteurs, notamment vu les difficultés en grandes cultures, le ministre de l’Agriculture a reporté la question à plus tard. « Déjà, on va faire en sorte de consommer les 60 M€, puisque [la période de dépôt des dossiers] se clôt dans les jours qui viennent (le 29 septembre, NDLR) », a répondu Marc Fesneau. De même, interrogé sur une éventuelle revalorisation de l’éco-régime bio, il n’a pas complètement écarté cette possibilité. « On va regarder, on va faire les bilans de l’année », a répondu le ministre. Le 19 septembre, la Fnab (producteurs bio) avait demandé au gouvernement « que la France augmente dès le 1er janvier 2024 son éco-régime bio au niveau maximum possible prévu par les textes, à savoir 145 €/ha/an ».
5 millions d’euros pour la com'
Toutefois, le ministre a annoncé une enveloppe de « 5 millions d’euros (M€) par an de 2024 à 2026 » pour renforcer la communication pour l’agriculture biologique, selon un communiqué le 21 septembre. Les crédits permettront de financer « des actions de communication d’ampleur dans la durée pour promouvoir la consommation de produits biologiques et ainsi répondre au fléchissement de la demande », précise le ministère. La première année, ils s’additionneront « aux 3 millions d’euros déjà annoncés en mai dernier » ce qui porte à 8 M€ le budget communication pour 2024. La campagne de communication sera « travaillée en lien avec tous les acteurs ». « Un comité de pilotage sera constitué associant le ministère de l’Agriculture, l’Agence bio et des interprofessions notamment », a précisé le cabinet du ministre.
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« Ça fait longtemps qu’on demande un engagement dans la durée, donc cette enveloppe de 5 millions d’euros par an sur trois ans est une très bonne nouvelle », a réagi le président de la Fnab Philippe Camburet dans un communiqué envoyé dès la fin du salon. « Le budget de communication de l’Agence Bio ne peut pas venir que de l’État, la profession doit contribuer grâce aux cotisations professionnelles que nous payons tous. Elles doivent être utilisées pour venir en soutien de la filière biologique », souligne-t-il.
Toujours dans le cadre de la planification écologique, le ministre a aussi annoncé que le fonds avenir bio sera abondé de 5 M€ en 2024. Le fonds « sera désormais doté de 18 millions d’euros par an (au lieu de 13 M€, NDLR) afin de consolider et développer la structuration des filières bio », indique le ministère. Cet abondement est prévu « pendant trois ans », « jusqu’à 2026 inclus » a précisé son cabinet.
« Promouvoir la consommation de produits biologiques »
Bio : après l’Occitanie, la Bretagne partenaire de la communication de l’Agence Bio
Le conseil régional de Bretagne va décliner en région la seconde édition nationale Bio Réflexe de l’Agence Bio qui démarre le 23 septembre à l’occasion de la journée européenne du bio. Durant un mois à compter du 1er octobre, des affiches et des vidéos sur les réseaux sociaux (150 000 euros de budget) rappelleront en Bretagne les vertus du bio. Une région où près de 18 % des fermes travaillent en agriculture biologique (4 100 sur 26 000) et où le risque de déconversion menace. La Bretagne est la seconde région partenaire de l’Agence Bio pour sa campagne Bio Réflexe après l’Occitanie. Cette opération de communication en direction du grand public complétera les actions de soutien aux agriculteurs bios déployées depuis le printemps. Durement touchés par la baisse de la consommation, les producteurs devraient avoir épuisé « d’ici la fin septembre » les 60 millions d’euros disponibles dans le fonds national de soutien à la bio ouvert par l’État, a précisé le 22 septembre en conférence de presse en Bretagne Loïc Guines, président de l’Agence Bio. La rallonge de 936 000 euros accordée dans la foulée par la région Bretagne pour ses propres agriculteurs était bien en deçà « des demandes qui se sont chiffrées à 4,5 millions d’euros », a précisé lors du même point presse Arnaud Lécuyer, vice-président de la région Bretagne, en charge de l’alimentation.