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Bio-hydrogène : l’avis de Deloitte sur son avenir

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Dans un récent exercice de prospective sur le marché mondial de l’hydrogène à horizon 2060, le cabinet de conseil Deloitte a exclu de ses calculs la voie de production par la biomasse (agricole, forestière, ou déchets), autrement dit celle du bio-hydrogène, la considérant comme significativement moins rentable que celle de l’e-hydrogène (production par l’électricité verte ou grise). « Notre modèle choisit le moyen le moins coûteux de produire de l’hydrogène », indiquent les auteurs du rapport. « La production d’hydrogène vert à partir de biomasse n’est pas une option économiquement viable car elle est significativement plus chère que les autres offres d’hydrogène vert ».

Toutefois, le cabinet reconnaît que le bio-hydrogène peut « permettre d’atteindre dans certains cas des émissions négatives ». Selon notre enquête l’an passé, la filière française estime que son procédé « piège plus de carbone qu’il en émet », notamment grâce à son co-produit, le biochar, un engrais très riche en carbone. Le biochar fait partie des technologies identifiées par le Giec comme permettant de stocker massivement du carbone. Le cabinet Deloitte estime donc que la filière pourrait par exemple être adossée à celle de l’hydrogène bleu (issu du gaz naturel) dans l’objectif d’en compenser les émissions.

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Selon notre enquête, trois types de procédés sont sur la table pour fabriquer du bio-hydrogène. La voie la plus prometteuse est la gazéification à haute température de la biomasse ligneuse (thermolyse, pyrolyse), portée notamment par les français Haffner Energy et Carbon Loop, dont les premiers projets doivent voir le jour en 2023 en Île-de-France. Cette technologie vise plutôt la forêt, mais la biomasse agricole peut y participer à travers le gisement massif des fumiers.

Plus largement, dans son rapport, Deloitte prévoit que l’Europe deviendra un importateur net d’hydrogène vert, essentiellement produit avec de l’énergie solaire en Afrique du nord.

« Pas une option économiquement viable