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Bio : l’Agence bio et la Fnab lorgnent sur les CVO

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À l’occasion d’une réunion avec le ministre de l’Agriculture le 20 décembre, l’Agence bio, la Fnab et le Synadis bio ont demandé plus de moyens pour la promotion du bio. Principale piste de travail : redistribuer les budgets interprofessionnels dégagés par les cotisations volontaires obligatoires (CVO).

« Les budgets de promotion de la bio sont encore largement insuffisants », regrette Philippe Camburet, président de la Fnab (agriculteurs bio). Le message aurait été transmis au ministre Julien Denormandie à l’occasion d’une réunion rue de Varenne le 20 décembre avec l’Agence bio, la Fnab et le Synadis bio. À l’ordre du jour : les mesures à prendre pour résoudre les décalages actuels entre la production et la consommation.

Car, comme le rappelle Laure Verdeau, directrice de l’Agence bio, la situation actuelle exige de redresser le cap : « Il y a une fuite du bio vers le local, et on observe des changements d’habitudes chez les consommateurs occasionnels. » Un contexte auquel s’ajoutent les embouteillages sur les marchés du lait ou des œufs, et qui imposent de rappeler aux consommateurs les atouts du bio.

Pourtant, alors que les producteurs bio sont comme les autres soumis aux contributions volontaires obligatoires (CVO), certaines interprofessions « ne considèrent toujours pas l’enjeu bio comme prioritaire ni même comme digne d’intérêt, estime Phillipe Camburet. Ce serait la moindre des choses que les CVO des producteurs bio reviennent à la dynamisation du marché. » Les CVO, prévoit-il, pourraient alors revenir à des campagnes de promotion du bio de manière proportionnelle à l’importance actuelle du secteur, ou même aux objectifs fixés par le gouvernement.

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Des amis bio pour la vie

« Il faut avoir une communication globale pour mettre en avant les atouts des modes de production, et pas seulement des produits », défend Laure Verdeau. Si la qualité de l’eau et la biodiversité font déjà consensus comme arguments de vente au sein des interprofessions, les atouts de la bio pour la santé feraient en revanche pour l’heure encore débat. Quoi qu’il en soit, regrette Laure Verdeau, « les messages ne passent pas, et d’autres acteurs parlent à la place du bio, qui peine à s’exprimer d’une seule voix ».

Alors que le marché de la bio a atteint 13 milliards d’euros en 2021, ce volume justifierait pourtant selon elle de remonter significativement le budget de communication de son agence. Là où les grandes interprofessions dépensent chaque année plusieurs dizaines de millions d’euros en campagnes grand public, l’Agence bio doit toujours se contenter d’une enveloppe inférieure à un million. Or, seul un budget plus conséquent permettra de renouveler l’exploit du Cniel sur « les sensations pures », ou les « amis pour la vie ».

Un rendez-vous aurait été fixé pour le 7 janvier autour du ministre avec les interprofessions pour lancer la discussion sur ces moyens complémentaires, qui pourraient également provenir de la grande distribution.

Moins de 1 M€ par an pour communiquer via l’Agence bio