Abonné

Bio : les surfaces mondiales ont stagné en 2024

- - 3 min

Après des années de croissance, la superficie cultivée en agriculture biologique dans le monde n’a pas progressé en 2024. La faute à des ajustements réglementaires dans l’UE qui affectent les pays tiers mais aussi au ralentissement de la croissance du marché suite à la pandémie de Covid 19.

Les surfaces cultivées en agriculture biologique ont stagné en 2024, s’établissant à 98,9 millions d’hectares (soit 2,1 % de la surface agricole mondiale), selon le rapport annuel de l’Institut de recherche en agriculture biologique (FiBL) publié le 10 février à l’occasion du salon Biofach de Nuremberg (Allemagne). Les surfaces agricoles biologiques ont diminué ou stagné quasiment partout à l’exception de l’Amérique du Nord où elles ont augmenté de 30,7 % (+ 1 million d’hectares) pour des raisons principalement techniques (nouvelles données disponibles plutôt qu’une réelle expansion). L’Océanie (où se situent près de 54 % des surfaces mondiales) a enregistré une légère augmentation (+ 0,04 %) tandis que des baisses ont été constatées en Afrique (-17,6 %), en Asie (-4,8 %), en Amérique latine (-0,8 %) et en Europe (-0,5 %).

Dans l’UE, la surface est en très légère augmentation (+ 0,1 Mha, + 0,7 %) à 18,1 Mha soit 11,1 % de la surface agricole utile. L’Espagne reste le pays de l’UE avec les superficies les plus importantes (2,9 Mha) devant la France (2,7 Mha, en léger recul) et l’Italie (2,5 Mha). L’un des principaux facteurs expliquant ce tassement après des années de croissance est la mise en œuvre du nouveau règlement européen concernant la certification des producteurs dans les pays tiers qui a eu un « impact significatif sur les petits exploitants agricoles et les groupements de producteurs ».

Relance

Mais la Commission européenne tente d’y remédier avec sa récente proposition de simplification de la législation qui prévoit notamment le maintien jusqu’au 31 décembre 2036 de la reconnaissance des pays tiers dont les systèmes de production et de contrôle biologiques sont reconnus comme équivalents à ceux de l’UE ainsi qu’un allègement des règles pour constituer des groupements de petits opérateurs. Ailleurs en Europe, les baisses plus marquées observées en Ukraine et en Turquie sont largement dues à des chocs externes exceptionnels (guerre, tremblements de terre) plutôt qu’à des évolutions liées au marché.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre

Lire aussi : Bio : Bruxelles veut simplifier la législation et relancer le secteur

Autre explication à cette stagnation des surfaces mondiales : la crise de marché qui a entraîné une diminution des conversions en 2022 et 2023. Mais le FiBL estime que « l’amélioration des conditions de marché observée en 2024 devrait se traduire par des taux de conversion plus élevés dans les années à venir ». En effet, en 2024 le chiffre d’affaires mondial du commerce de détail d’aliments et de boissons biologiques a atteint 145 milliards d’euros (soit une augmentation de 6,9 Md €). Les États-Unis représentaient toujours le premier marché bio (60,4 Md €), devant l’Allemagne (17 Md €) et la Chine (15,5 Md €).