Abonné

Biocarburant : les fortes ambitions de Saipol pour le B100

- - 3 min

Le transformateur de graines oléagineuses Saipol (Avril) célèbre les quinze ans de son usine du Mériot (Aube). L’occasion d’afficher ses ambitions dans le B100 : sextupler la production en quatre ans.

« Nous sommes des pionniers en Europe », rappelle Jérôme Landréat, directeur de l’usine Saipol du Mériot : un énième train de colza roulant à l’Oleo100 arrive sur le site aubois. Ce biocarburant issu à 100 % de l’oléagineux (B100) a été lancé fin 2018. À l’occasion des quinze ans de l’usine de colza, il est mis à l’honneur. Saipol a de grandes ambitions pour l’Oleo100. Un produit « 100 % made in France », souligne le directeur général Christophe Beaunoir. Sa fabrication est assurée au Mériot et à Grand-Couronne, deux des cinq sites de la filiale d’Avril avec notamment Sète, une autre usine de biocarburant.

Au cœur du bassin de production du colza, l’unité dans l’Aube transforme jusqu’à 1 Mt de l’oléagineux. C’est près d’un tiers des volumes nationaux, la France ayant récolté l’an dernier moins de 3,3 Mt. Le Mériot transforme ce colza principalement en tourteaux (jusqu’à 550 000 t) et en huiles brutes (440 000 t), dont une partie ressort en biocarburant (200 000 t). « 50 000 m3 d’Oleo100 ont été livrés par Saipol en 2021, indique Christophe Beaunoir. On vise 120 000 m3 en 2022. Et à l’horizon 2025 : quelque 300 000 m3, sur un marché de 600 000 m3»

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Montée en puissance du colza bas GES

En plus du B100, Saipol mise sur les biocarburants issus de la démarche Oleoze (pour « zéro émission »), qui rémunère les pratiques agricoles favorables au stockage du carbone dans le sol. Après le solaire et l’éolien, c’est, avec l’arrêt de la déforestation, l’une des solutions urgentes du Giec pour limiter les gaz à effet de serre (GES), avance Christophe Beaunoir. Et de pointer la correspondance entre Oleoze et l’initiative 4 pour 1 000, visant la séquestration du carbone : il s’agit en particulier de « ne jamais laisser le sol à nu et le travailler moins », « introduire plus de cultures intermédiaires », explique le dirigeant qui ajoute : « Améliorer la gestion de l’eau et des engrais. » En suivant de telles pratiques, les agriculteurs touchent une prime « jusqu’à 50 € la tonne » de colza, valorisé en biocarburant pour les marchés allemands et suédois. Cela concerne 250 000 t de graines en 2021. L’objectif est fixé à 450 000 t pour 2022.

Pour de telles ambitions, Saipol compte sur de nouvelles pratiques agricoles. L’industriel met en avant le travail de Terres Inovia. « On accompagne les agriculteurs dans la transition agro-écologique », déclare l’ingénieur de développement Mathieu Dulot. L’institut s’attèle aussi à relancer la culture de colza, en perte de vitesse à cause d’interdictions de phytos, du changement climatique, selon lui. De nouveaux itinéraires techniques sont mis au point, autour de l’implantation de la culture, des variétés, d’associations d’espèces.

Un objectif à 300 000 m3 d’Oleo100 en 2025