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Biocarburants aéronautiques : premières usines en Amérique du Sud pour 2025

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Pionnier régional des biocarburants aéronautiques, le brésilien EC/BSBios veut implanter une usine au Paraguay. Trois autres projets ont déjà été annoncés dans le Mercosur.

Le brésilien EC-BSBios prévoit de construire près d’Asunción, au Paraguay, la toute première bio-raffinerie vouée à la production de biocarburant aéronautique durable d’Amérique du Sud. Elle doit être mise en service fin 2025 et fournirait jusqu’à 20 000 barils par jour d’huile végétale hydrotraitée (HVO) d’une part et, d’autre part, d’un carburant alternatif au kérosène, obtenu par procédé SPK à partir d’huile de soja ou de graisse animale. Ce projet appelé Omega Green représente un investissement de 1,1 milliard de dollars, selon le directeur de EC/BSBIOS, Erasmo Battistella. Le carburant devrait obtenir la certification Sustainable Aviation Fuel (SAF) délivrée par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).

Trois projets de bio-raffineries de ce type ont déjà été annoncés au Mercosur par d’autres sociétés, qui en sont restés, pour l’heure, au stade de l’étude de faisabilité et du montage financier. Ils visent tous trois les marchés de l’hémisphère nord sans pour autant exclure de fournir les compagnies aériennes étrangères opérant en Amérique du Sud. L’un de ces projets doit voir le jour à Montevideo, en Uruguay. Porté par l’américain Essential Energy Holding, l’unité produirait 190 000 tonnes par an de biocarburants, dont 80 % du HVO et le reste de SAF. Mais là aussi, pas avant 2025.

Caméline, moutarde d’Abyssinie

En Argentine, aucun projet de ce type n’a été dévoilé dans les filières soja et maïs. Pourtant, le pays dispose du plus grand parc industriel au monde de trituration d’oléagineux, avec une trentaine d’usines qui fournissent le monde entier en tourteaux de soja. Certaines font déjà du biodiesel de soja ou de l’éthanol de maïs. Ces deux filières n’ont jamais vraiment décollé faute de débouchés volumineux continus. Il pourrait en être tout autrement avec les SAF.

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Au Brésil, il est attendu que des usines s’implantent également. « Si la demande d’huile émanant de ce nouveau débouché est le boom attendu, alors l’essentiel de sa récolte de fèves de soja sera triturée (au lieu d’être exportée telle quelle vers la Chine, NDLR) et alors la production brésilienne de farines augmentera, tant qu’elle pourrait en faire plonger leur valeur », prédit Patrick Adam, directeur de l’association argentine des producteurs d’éthanol de maïs.

D’autres cultures que le soja pourraient aussi prendre le relai. Au moins deux projets existent en Argentine de filières issues des cultures de moutarde d’Abyssinie (Brassica carinata) et de caméline (Brassica camelina). Au Brésil, des professionnels travaillent autour de la Jatropha, une autre espèce oléagineuse non utilisée dans l’alimentaire.

Déjà quatre projets d’usines annoncés dans le Mercosur