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Biocarburants : le Brésil relève ses trajectoires d’incorporation

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Le gouvernement du Brésil a promulgué le 8 octobre une « loi des carburants du futur » qui impose l’utilisation d’agrocarburants sur son territoire. Le taux de mélange obligatoire à l’essence du bioéthanol extrait de sucre de canne ou de maïs a ainsi été relevé de 22 % à 27 % et pourrait passer à 35 % d’ici à 2030 ; quant au taux d’incorporation du biodiesel issu d’huile de soja dans le gazole, il sera élevé de 14 % à 20 % d’ici à 2030. Cette loi stimule aussi l’usage du carburant durable pour l’aviation qui pourrait réduire de 10 % les émissions de GES des vols domestiques d’ici 2037.

Au Brésil, la production de maïs grain a en effet presque triplé en dix ans, passant de 52,8 millions de tonnes (Mt) en 2013 à 131 Mt en 2023, selon l’institut de statistiques brésilien (IBGE). Dans le même temps, vingt-deux raffineries de bioéthanol de maïs y ont été mises en marche, neuf autres sont en voie d’autorisation et douze autres sont en projet. Lesquelles s’ajoutent aux plus de 200 raffineries de bioéthanol de sucre de canne disséminées sur tout le territoire brésilien.

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Le président Lula Da silva a pronostiqué un montant total d’investissements dans des projets liés à la décarbonation des transports de 260 milliards de réaux (42,2 milliards d’euros) d’ici à 2037: « Le Brésil est le pays qui va mener la plus grande révolution énergétique de la planète. » En août, le Brésil avait promulgué une loi d’hydrogène vert avec pour ambition déclarée de devenir une « Arabie saoudite verte ».

Selon la première banque privée du Brésil, Itaú BBA, l’impact sur la demande de matières premières agricoles lié à l’application de la « loi des carburants du futur » sera majeur. En 2037, la consommation de biodiesel au Brésil pourrait atteindre 13,9 milliards de litres par an (Mdl/an), générant des besoins supplémentaires d’huile de soja de l’ordre de 15 Mt, à comparer aux 5,9 Mt actuellement utilisées pour l’obtention de ce biocarburant.

35 % de bioéthanol d’ici à 2030