Alors que les volumes de biodiesel importés de Chine ont doublé en six mois, atteignant 600 000 t, le président du Sifco (industriels des coproduits animaux) déplore que le pays échappe aux contrôles qualité.
Dans une tribune publiée dans le quotidien Les Echos le 8 avril (article payant), le président du Syndicat des industries françaises des coproduits animaux (Sifco) Hervé Fumery déplore que certains pays asiatiques exportent leurs biocarburants dans l’Union européenne (UE) alors qu’ils refusent de se soumettre aux contrôles qualité.
Plus précisément, M. Fumery affirme que ces pays, dont la Chine, « refusent la réalisation d’audits physiques qui permettraient de contrôler effectivement les capacités techniques et la qualité des matières premières utilisées », selon les règles en vigueur au sein de l’UE. Et d’ajouter que des certificats de durabilité continuent pourtant « d’être délivrés et reconnus comme valables à ces matières importées ».
Pour rappel, au sein de l’UE, il appartient au producteur de biocarburant de démontrer que son produit a été élaboré à partir d’une matière durable pour être pris en compte dans les objectifs d’incorporation déterminés par les États membres. Pour ce faire, il choisit un référentiel également appelé « schéma volontaire » et mandate une société de contrôle qui l’audite selon ce référentiel et délivre des certificats valables 12 mois.
Un « blanchiment écologique »
Selon M. Fumery, ces règles sont pourtant « réputées s’appliquer également aux produits importés depuis les pays extra-européens ». Et d’ajouter que « les efforts des industriels » qui sont « exposés à une telle asymétrie de contrôle » seront bientôt « ruinés par des stratégies de "blanchiment écologique" auxquelles aucun obstacle n’aura été opposé ».
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Alors que les volumes de biodiesel importés de Chine ont doublé en six mois, atteignant 600 000 t, « contribuant fortement à la baisse de 30 % de la valeur des biocarburants européens », M. Fumery appelle à ce que des contrôles soient effectivement menés, et ce pour « dissiper les doutes sérieux qui pèsent sur la durabilité réelle de ces biocarburants et de lever les forts soupçons de fraude ».
En décembre 2023, la Commission européenne avait de son côté publié, au Journal officiel de l’UE, un avis d’ouverture d’une procédure antidumping concernant les importations de biodiesel en provenance de Chine. L’ouverture de cette enquête était intervenue à la suite d’une plainte déposée par le Bureau européen du biodiésel (EBB) pour laquelle Bruxelles a considéré qu’il existait des éléments de preuve suffisants.
Selon les plaignants, les importations de biodiesel originaire de Chine arrivent dans l’UE à des prix artificiellement bas, « nuisant gravement à la compétitivité du secteur européen ». L’enquête, qui s’appuie sur la période comprise entre le 1er octobre 2022 et le 30 septembre 2023, doit être menée pendant 13 à 14 mois suivant la publication de l’avis.