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Biocarburants : les eurodéputés agricoles ont du mal à se faire entendre

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La commission de l’agriculture du Parlement européen (Comagri) pourrait ne pas peser très lourd dans les discussions sur la révision de la directive énergies renouvelables à l’horizon 2030. Elle ne doit de toute façon se prononcer qu’à titre d’avis, les commissions de l’environnement et de l’énergie se partageant les compétences exclusives du rapport (1). Mais à cela s’ajoute le fait que le socialiste Jean-Paul Denanot, rapporteur fictif du texte pour le compte de la Comagri, a claqué la porte des discussions, lors de la dernière réunion, ce qui remet fortement en cause l’adoption d’amendements de compromis et affaiblit encore un peu plus la position des députés agricoles sur ce dossier.

La Commission européenne propose de plafonner les biocarburants de première génération à 3,8 % en 2030 (contre 7 % en 2020) et à l’inverse d’augmenter progressivement la part des biocarburants dits avancés à 3,6 %.

La rapporteure de la Comagri, Marijana Petir (PPE, Croatie), propose, elle, de supprimer cette nouvelle limitation et de fortement augmenter la part des biocarburants dans les transports à 15 %. Son avis sera voté en commission dans les prochaines semaines mais s’il ne comporte aucun amendement de compromis, ses propositions pourraient ne pas être adoptées, laissant un peu plus les mains libres à la commission de l’environnement. Dans son projet de rapport pour cette dernière (responsable sur les questions de biocarburants et de critères de durabilité), le député Vert néerlandais Baes Eickout reprend l’ensemble des chiffres proposé par la Commission de Bruxelles concernant les biocarburants.

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(1) Voir n° 35999 du 12/06/2017

L’impact sur les prix alimentaires

Une nouvelle étude publiée le 15 septembre pour le compte des ONG BirdLife et Transport & environnement montre « qu’il existe un large consensus scientifique sur le fait que les politiques en matière de biocarburants augmentent les prix alimentaires mondiaux ». Cette question n’est plus vraiment au cœur de l’actualité depuis que les prix des matières premières agricoles sont revenus à la normale après le pic de 2011. Selon ce travail, c’est la demande en biodiesel qui a eu l’impact le plus important sur les prix des huiles végétales dans l’UE, telles que le colza, l’huile de palme, le soja et le tournesol. Si l’Europe élimine progressivement les biocarburants alimentaires d’ici 2030 (en suivant les propositions de la Commission européenne), les huiles végétales mondiales seront 8 % moins chères à cette échéance, assurent les deux ONG.