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Biocontrôle : changement de stratégie d’influence

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Le rejet du règlement européen Sur a été vécu comme un échec pour les fabricants de biocontrôle français, qui révisent leur stratégie d’influence, et changent de nom.

À l’occasion d’une conférence de presse le 15 mai, l’association de fabricants de produits de biocontrôle IBMA France a annoncé un changement de nom, pour devenir Alliance biocontrôle, et des changements de stratégie et d’affiliation. Suite au rejet du règlement européen Sur (pesticides), l’association s’est désaffiliée du regroupement international des fabricants IBMA Global, et elle a rejoint l’association européenne Biocontrol coalition.

Deux raisons principales ont motivé ce changement de pied : d’abord la stratégie d’influence d’IBMA Global à Bruxelles, dont les fabricants français estiment qu’elle s’est concentrée trop exclusivement sur le règlement Sur. « Ils ont mis le paquet sur le règlement Sur, avec le succès que l’on connaît », regrette Céline Barthet. La stratégie d’influence consistait à obtenir une définition des produits de biocontrôle qui puisse permettre de les rendre prioritaires dans l’examen des dossiers d’homologation, comme cela est fait à l’échelle française. La présidente d’Alliance biocontrôle estime qu’un travail aurait dû être fait en parallèle pour modifier le régime d’homologation des produits de biocontrôle lui-même. À ce sujet, Alliance biocontrôle porte d’ailleurs une nouvelle proposition : fusionner les deux étapes, nationale et européenne, d’homologation, pour la concentrer au niveau de l’Efsa et la simplifier. Une position que l’association souhaite faire adopter par le gouvernement français, mais pas seulement.

Lutter contre les résistances

Dans sa nouvelle feuille de route, l’association veut renforcer donc son action d’influence auprès des parlementaires, en France et en Europe. Autre changement d’orientation : appuyer davantage les démarches de « valorisation » de ses produits (p.ex. crédits d’impôts). En termes de gouvernance, l’association veut s’ouvrir davantage, notamment auprès de la distribution agricole, à l’instar de la Biocontrol coalition qui fédère autour des fabricants des coopératives ou des syndicats agricoles.

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Quant aux objectifs chiffrés, l’association s’est fixé pour but de faire tripler les parts de marché du biocontrôle en France d’ici 2030, tout en atteignant au moins « deux modes d’actions complémentaires » pour 50 % des usages proposés (contre 25 % actuellement). Objectif : limiter le risque d’émergence de résistance. « Le biocontrôle est peu sujet aux résistances de par ses modes d’action, mais un premier cas a été recensé sur le produit CpGV », a expliqué Anne Duval, responsable des affaires techniques et réglementaires.

Le Cydia pomonella GranuloVirus (CpGV) est utilisé depuis plus de vingt ans à grande échelle dans les vergers de pommiers et poiriers pour lutter contre le carpocapse de la pomme (Cydia pomonella), principal ravageur sur ces productions. En 2020, l’Inrae a détecté plusieurs populations résistantes aux trois isolats commercialisés.

Une première résistance au biocontrôle en pomme