Dix ans après l’introduction de son parasitoïde Torymus sinensis, le cynips du châtaignier est désormais « géré efficacement » et « les rendements sont revenus à leur niveau d’avant » l’introduction de ce ravageur, a indiqué Sébastien Belis (DGAL), à l’occasion des Rencontres phytosanitaires le 6 novembre à Bergerac. Après avoir été repéré en Asie, puis en Italie, le cynips s’est établi en France en 2010, où il avait commencé à causer des dégâts majeurs sur certaines variétés de châtaigniers. Se basant sur les expériences japonaise et italienne, la France avait introduit son parasitoïde venu d’Asie, après des essais entre 2011 et 2015. « L’expérience japonaise nous disait qu’il fallait dix ans », explique Nathalie Le Barbier, spécialiste de la châtaigne chez Invenio (sites expérimentaux). C’est ce qu’il s’est passé : « Il reste tout de même des dégâts collatéraux persistants, comme l’affaiblissement des arbres. » Ce cas est perçu comme une « success story » du biocontrôle, explique-t-elle.
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Sa réplication de ce cas d’école à d’autres ravageurs reste toutefois aléatoire, mais testée sur plusieurs usages critiques. Contre certaines punaises, des parasitoïdes ont été récemment trouvés en France ; leur élevage est en cours, mais leur déploiement – s’il réussit – prendra plusieurs années. La piste des parasitoïdes est également identifiée comme une « solution d’avenir » contre les chenilles foreuses. Parmi les projets de recherche retenus dans l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) issue du Parsada (anticipation des alternatives) figure le programme Mobaclim « de lutte biologique par l’acclimatation » d’auxiliaires exotiques, doté de 5,6 millions d’euros.