Les ministres de l’Agriculture de l’UE semblent divisés sur la nécessité d’introduire une législation européenne encadrant la mise sur marché d’organismes invertébrés (insectes, champignons…) comme agents de biocontrôle. Lors d’une discussion le 25 avril à l’occasion de leur réunion à Luxembourg, une majorité s’est exprimée en faveur d’une harmonisation européenne mais avec des nuances. Parmi les plus favorables : la France, qui y voit un « réel intérêt » pour éviter un travail redondant des différentes agences nationales d’évaluation et pour donner un cap aux entreprises qui développent ces solutions alternatives aux pesticides conventionnels. L’Irlande estime aussi qu’une reconnaissance mutuelle de l’évaluation par les agences sanitaires nationales permettrait une meilleure gestion des risques lorsque les conditions sont similaires. Mais pour les Pays-Bas, un règlement européen ajouterait surtout des charges administratives et pourrait même freiner l’innovation. D’autres s’inquiètent aussi des risques de propagation incontrôlée de ces organismes dans l’environnement.
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« Un risque potentiel pour la biodiversité ne peut être exclu suite à la libération d’un agent de biocontrôle dans l’environnement » qui sont pour la plupart mobiles, confirme la Commission européenne dans un rapport publié fin 2022. Bruxelles note aussi que compte tenu « des différences considérables qui ont été identifiées parmi les systèmes réglementaires des États membres lorsqu’ils existent […] cela peut conduire à différents niveaux de protection de l’environnement dans différentes parties de l’UE ». La Commission européenne ne pousse pas pour lancer une législation, se contentant d’être « à l’écoute de la volonté des États membres ». « À l’échelon national ou régional il est possible de faciliter les choses sans agir au niveau européen », constate toutefois la commissaire européenne à la Santé Stella Kyriakides. Dans l’UE, quatorze États membres ont une législation nationale (très détaillé pour certains beaucoup moins dans d’autres) pour autoriser ces méthodes de biocontrôle et cinq les restreignent voire les interdisent. Les autres n’ont pas légiféré sur la question.