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Restauration Biocoop investit un million d’euros dans la chaîne Bioburger

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Biocoop parie sur la restauration biologique d’aujourd’hui. En investissant dans Bioburger, le distributeur veut attirer de nouveaux clients et proposer à ses coopérateurs un complément d’activité. C’est la première fois qu’il investit un montant aussi important via son fonds Défibio.

Biocoop s’ouvre au monde qui l’entoure et se tourne vers de nouvelles activités. C’est le sens qu’il faut donner à la dernière opération d’investissement de Défibio, le fonds de Biocoop destiné aux entreprises de l’amont et désormais à des activités un peu plus éloignées. En investissant un million d’euros, Biocoop entre au capital de Bioburger, de façon minoritaire. Les deux fondateurs Louis Frack et Anthony Darré restent majoritaires et continueront de piloter l’enseigne de restauration rapide biologique.

« L’arrivée de Biocoop va nous permettre d’accélérer le développement de l’enseigne, en structurant la tête de réseau, qui ne compte que cinq collaborateurs, en investissant dans la communication et en ouvrant de nouveaux restaurants », explique Louis Frack. L’enseigne Bioburger créée en 2008 ne compte pour l’instant que quatre restaurants, tous à Paris, dont un en propre. Dans les prochaines années, les dirigeants prévoient d’étendre le réseau en propre (un prévu et 2019, puis deux par ans après) et en franchise. « L’objectif est d’avoir trente restaurants à la fin de 2022, dont les deux tiers en franchise », explique Louis Frack. « On cherche à ouvrir des restaurants franchisés dans les villes françaises de plus de 100 000 habitants », indique le dirigeant.

Dejà des points communes, bientôt des synergies

Les deux partenaires voient déjà plusieurs synergies qu’ils pourraient mettre en place : les achats, la logistique, les produits font partie des sujets à étudier. On pourrait ainsi imaginer qu’un même burger végétarien soit distribué dans les magasins Biocoop et dans les restaurants Bioburger. Le réseau de fast-food constitue aussi un débouché supplémentaire pour les produits des filières mises en place par le distributeur. « Biocoop, très investi dans le suremballage, est intéressé par la démarche de Bioburger qui a mis au point sa propre machine à boissons, un équipement qu’on pourrait très bien retrouver dans nos magasins », explique Thomas Dromer, responsable de la cellule innovation de Biocoop.

Pour Biocoop, qui affirme rester fidèle à son engagement pour développer l’alimentation biologique, l’intérêt réside aussi dans sa capacité à proposer une nouvelle activité à ses adhérents. Face à un maillage en supermarchés biologiques de plus en plus dense, surtout en ville, il est important de diversifier les activités dans l’univers du biologique. « Nous n’imaginons pas que des magasins ouvrent des Bioburger dans leur enceinte, mais plutôt d’un gérant de magasin ouvre un Bioburger à proximité », explique Orion Porta, le directeur général de Biocoop.

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Avec à la clé des synergies au niveau de son activité, et une source de revenus supplémentaires. Les restaurants Bioburger déjà ouverts réalisent en moyenne entre 1 et 1,2 million d’euros de chiffre d’affaires annuel, voire bien plus comme le flagship de La Défense, récemment ouvert, et qui devrait enregistrer entre 1,8 et 2 millions d’euros par an de ventes. Biocoop peut aussi compter sur un rajeunissement de sa clientèle en attirant de nouveaux consommateurs vers l’alimentation biologique, en commençant par les initier via la restauration rapide.

Biocoop investit dans l’innovation

Cette prise de participation marque un changement important chez Biocoop. Jusqu’à maintenant, ses investissements, via Défibio, étaient davantage tournés vers la structuration des filières de production et vers les outils de transformation. Défibio a ainsi déjà investi dans la laiterie de la Lémance (lait de chèvre) et la biscuiterie Jean et Lisette (Léa Compagnie Biodiversité), mais jamais dans la restauration commerciale. Les montants en jeu ne sont pas, non plus, les mêmes : entre 200 000 et 500 000 euros auparavant par opération.

« Cette alliance est une première étape dans l’ouverture de Biocoop. Demain, nous pourrions envisager de nouvelles alliances dans des domaines autres que la restauration », souligne Thomas Dromer. Des expériences et des projets existent ainsi au sein du réseau Biocoop, dans la boulangerie, la boucherie, la restauration ou le snacking. Biocoop cherche aussi à mettre sur pied son offre commerciale digitale, qui pourrait connaître un début de concrétisation d’ici la fin de l’année. Il faudra d’ici là lever la question de la livraison en trouvant le partenaire capable d’offrir des conditions économiques et sociales acceptables à ses salariés au regard des exigences et des valeurs du distributeur coopératif.