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Biocoop veut s’adapter sans se renier

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L’enseigne coopérative Biocoop met l’accent sur sa marque propre et développe encore davantage le click and collect. Tout en gardant ses valeurs militantes, elle veut aussi jouer son rôle dans la distribution de produits biologiques en plein changement et après l’échec de la reprise de Bio C Bon, désormais dans le giron de Carrefour.

Comme pour tous les acteurs du monde de l’alimentaire, 2020 n’a pas été une année comme les autres pour Biocoop. Le distributeur coopératif affiche ainsi des ventes atteignant 1,62 milliard d’euros, en hausse de 16,6 %, touchées par un « léger effet Covid », selon son président Pierrick de Ronne. En 2019, la progression avait été de 14,9 %. « Au cours de l’année 2020, nous avons ouvert soixante magasins de plus, soit un peu moins que d’habitude », a expliqué de son côté le nouveau directeur général Sylvain Ferry, en poste depuis le 1er janvier. La hausse du chiffre d’affaires résulte de l’accroissement du nombre de points de vente et de la fréquentation. Et si l’on compte seulement les magasins ouverts depuis plus de deux ans, cette progression est de 9 %. Certains rayons ont connu un véritable ralentissement en 2020, en particulier le vrac, qui est un des points forts de Biocoop. En effet, 34 % de l’offre des magasins est en vrac. Les clients y reviennent désormais (lire aussi notre article en 1ère page).

Biocoop se montre satisfait de ces résultats, rappelant sa position de leader de la distribution spécialisée biologique avec une part de marché de 48 %. En revanche, il n’est pas le premier vendeur de produits bio, secteur dont le leadership est assuré par Carrefour, le preneur de Bio C bon. Et à l’échelle de l’ensemble de la distribution alimentaire en France, Biocoop reste un nain avec 0,8 % du chiffre d’affaires global de ce secteur.

Davantage d’ouvertures de magasins en 2021

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En 2021, sans dévoiler tous ses projets, Biocoop veut miser sur sa marque propre lancée en 2020, afin de proposer une offre de produits accessibles en prix et attirer des clients plus modestes. Cinq cent trente produits sont ainsi disponibles, soit cent de plus qu’un an avant. Aujourd’hui, ces produits à marque propre représentent environ 20 % des ventes (incluant les fruits et légumes), mais l’objectif est qu’ils représentent 35 % du chiffre d’affaires en 2025. Un changement de taille pour l’enseigne qui a toujours mis en avant les marques et avait assez peu développé l’offre de ses marques propres, contrairement à son concurrent La Vie Claire. Autre sujet de travail : le e-commerce qui prend la forme du click and collect chez Biocoop. Sa mise en place se fait à petits pas, mais a connu une accélération en 2020 sous l’effet du Covid-19. Cent quatre-vingt-un magasins proposent le service, sur sept cents magasins, mais la direction veut convaincre 100 % de ses coopérateurs de s’y mettre d’ici 2024. La livraison à domicile est toujours en réflexion au sein de la coopérative.

Concernant l’expansion du réseau, celle-ci va se poursuivre cette année à un rythme plus soutenu qu’en 2020, avec quatre-vingt magasins prévus dont une quinzaine en région parisienne, où Biocoop est moins présent. La raison est surtout liée aux prix des pas-de-porte, une question à laquelle la direction tente de trouver des solutions financières. La reprise de Bio C Bon aurait été une solution à ce problème, mais Biocoop n’a pas fait le poids financièrement face à Carrefour qui a emporté la mise à l’automne 2020. Toutefois, Pierrick de Ronne confie « regarder » toujours les dossiers qui se présentent, mais en refusant toujours de s’engager si cela devait déboucher sur une mise en danger d’un magasin. « Biocoop attire beaucoup de candidats, environ 1 000 dossiers par an sont déposés, émanant pour la moitié de salariés de magasins », rappelle Pierrick de Ronne. L’enseigne est donc toujours attirante et son maillage du territoire national n’est pas terminé. Plusieurs régions comptent encore peu de points de vente.

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