Entre la levée des taxes antidumping imposée par l’UE sur le biodiesel argentin (suite à une condamnation à l’OMC) (1) et la menace d’un plafonnement des biocarburants de première génération dans les transports à l’horizon 2030 (actuellement en discussion au sein des institutions européennes), la filière biodiesel européenne, et française en particulier, est menacée. À tel point que le français Saipol, filiale du groupe Avril, a annoncé une réduction d’activité pour début 2018. La direction de Saipol a présenté, dans le cadre d’un comité central d’entreprise extraordinaire, « un projet de recours à l’activité partielle en 2018 concernant ses activités de production de biodiesel et de trituration en France », selon un communiqué.
Depuis la baisse drastique des droits antidumping européens (passés d’environ 25 % à entre 4,5 % et 8,1 % selon les entreprises), « le biodiesel argentin arrive en France moins cher que la matière première (l’huile) », explique Jean-Philippe Puig, directeur général du Groupe Avril. « 240 000 t de biodiesel argentin vont arriver en France en octobre, c’est l’équivalent de la production annuelle d’une usine », indique-t-il. Car dans le même temps, les États-Unis ont, eux, décidé d’imposer des droits antidumping de 60 % sur le biodiesel argentin. Conséquence : « Nous n’avons conclu aucun marché depuis le mois de septembre alors que d’habitude à cette période nous commençons à négocier avec nos clients pour 2018 ». La filière attend donc désormais que la Commission européenne lance une enquête pour la mise en place de droits antisubventions qui viendraient remplacer les droits antidumping. Mais Bruxelles ne devrait pas instaurer ces nouvelles taxes avant 6 à 9 mois, le temps de l’enquête.
(1) Voir n° 3610 du 18/09/2017
(2) Voir n° 3613 du 09/10/2017
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Les discussions sur la directive énergies renouvelables se poursuivent
Le rapport de la commission de l’environnement du Parlement européen en charge des articles ayant trait aux biocarburants dans le projet de révision de la directive sur les énergies renouvelables devrait être adopté sous peu. Un vote était prévu le 11 octobre mais il a été reporté. Les eurodéputés devraient soutenir la proposition de la Commission européenne de plafonner à 3,8 % la première génération de biocarburants et d’inciter le développement des biocarburants dits avancés en leur fixant un objectif de 3,6 %. Dans son avis, non contraignant, la commission parlementaire de l’agriculture propose le maintien d’un plafond de 7 % pour les biocarburants produisant des co-produits pour l’alimentation animale. Un moyen d’éliminer ceux issus de l’huile de palme.
Les ministres de l’environnement des Vingt-huit pourraient, de leur côté, tenter de s’accorder sur une approche commune lors de leur réunion du 19 décembre à Bruxelles.