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Stratégie Bioénergies : Total entre au capital d'une société de semences de sorgho

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Total Energy Ventures, la structure de capital développement du groupe Total, entre au capital dans la société NexSteppe, spécialisée dans les semences de sorgho adaptées aux bioénergies, a indiqué la compagnie pétrolière le 24 septembre. Sa stratégie : développer des variétés de sorgho adaptées à la production de biocarburants et de bioproduits.

LA tête chercheuse du groupe Total dans les énergies de pointe investit dans une société de semences de sorgho. Total Energy Ventures (Tev), entité liée au groupe Total pour prendre des participations dans des starts-ups liées aux nouvelles énergies, est entrée au capital de la société NexSteppe. Fondée en 2010 en Californie, NexSteppe développe et commercialise à partir de techniques d'hybridation non OGM des semences de sorgho destinées à la fourniture de sucres fermentescibles et de biomasse lignocellulosique pour les bioprocédés industriels.

Un potentiel important de progrès

La capacité d'innovation de NexSteppe dans le domaine des semences « représente un potentiel important de progrès pour l'accès compétitif et durable à des bio-ressources qui préservent la disponibilité des terres agricoles pour l'alimentation », selon Tev. La société « intéresse le groupe Total » dans la perspective de ses activités de R&D (recherche et développement) et ses projets industriels dans le secteur des biocarburants et des bioproduits.

Tev n'a pas dévoilé le pourcentage de participation investi dans NexSteppe, mais indique que ses prises de participations dans des starts-up d'énergies de pointe sont toujours minoritaires, et pour des montants allant de « un à 10 millions de dollars ».

Tev « soutient le développement d'entreprises proposant des technologies ou modèles économiques innovants dans des domaines tels que les énergies renouvelables et alternatives, les activités pétrolières, l'efficacité énergétique, le stockage d'énergie, la valorisation des déchets, la réduction des gaz à effets de serre », précise-t-elle.

Les bioproduits pourraient décoller en levant les freins réglementaires et en soutenant l'investissement

L ES bioproduits pourraient décoller en levant les freins réglementaires et en soutenant l'investissement, a indiqué Pascal Barthélémy, directeur général adjoint de l'Institut français du pétrole – Énergies nouvelles, lors d'une conférence de presse le 24 septembre.

« Qu'est-ce qui limite les investissements dans la chimie biosourcée en France ? D'abord les questions réglementaires, ensuite fiscales, et un peu les restrictions de financement », a précisé le directeur général adjoint de l'IFP-EN.

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À titre d'exemple, un levier que l'IFP tente de lever est la réglementation sur les bioplastiques : une certification indiquant le taux de carbone renouvelable du produit, son bilan en termes d'émissions de gaz à effet de serre valoriserait le produit auprès de tout une catégorie de consommateurs. De la même façon que les appareils électro-ménagers sont classés pour leur performance énergétique.

Concernant l'investissement, Pascal Barthélémy a plaidé pour des subventions ponctuelles aux constructions d'usines de produits. Il a cité le cas des États-Unis, « pragmatiques », qui subventionnent à hauteur de 50% les usines de produits chimiques, comme l'acide succinique ou le bio-éthylène, issus de l'amidon.

NexSteppe dévoile ses ambitions

À côté de Tev, d'autres groupes ont pris des participations, notamment l'industriel américain DuPont Ventures (États-Unis), l'investisseur américain Braemar Energy Ventures.  En comprenant la prise de participation de Total, NexSteppe a levé le 23 septembre 22 millions de dollars.

Dans un communiqué publié le 23, NexSteppe précise sa raison d'être : « Société de semences axée sur le développement de récoltes qui fournissent des matières premières pour les biocarburants, l'électricité à partir d'énergie de la biomasse et les produits biosourcés ». Les sucres issus des récoltes mises au point par NexSteppe peuvent être transformés par des réacteurs à biomasse, des digesteurs anaérobies et des bioraffineries « dans des myriades de produits, de la vapeur et de l'électricité jusqu'aux biocarburants de première et de seconde génération et aux plastiques et aux intermédiaires de chimie (molécules de base indispensables pour aboutir aux produits finis de toutes sortes) », ajoute l'entreprise de San Francisco.

Cette dernière annonce dans son communiqué qu'elle continuera à améliorer les lignes industrielles de transformation du sorgho chez ses clients américains et brésiliens et lancera de nouvelles lignes de production « dans d'autres pays du monde ». « Nous cherchons à finaliser rapidement un niveau d'échelle qui pourra faire de ces récoltes une matière de base pour toutes les bioindustries à travers le monde », a déclaré Anna Rath, directeur général de NexSteppe.