Dans un communiqué commun du 11 juillet, l’AGPM (producteurs de maïs), la CGB (producteurs de betteraves), l’AGPB (producteurs de blé) et l’association Bioéthanol France (ex-SNPAA, syndicat des producteurs d’alcools agricoles) ont fait part de leur crainte d’une potentielle suppression des droits de douane de l’UE sur le bioéthanol états-unien, dans le cadre des négociations commerciales entre les deux protagonistes. « La filière française du bioéthanol exhorte la Commission et la France à veiller à ce que l’éthanol […] ne soit pas inclus dans un accord "zéro pour zéro" avec les États-Unis », peut-on lire dans le communiqué. La profession pointe les avantages compétitifs américains : réglementation environnementale plus souple, recours aux OGM, subvention à hauteur de 263 €/m3, que les droits de douane actuels permettent en partie de compenser. Elle signale que l’export vers l’UE et le Royaume-Uni existe déjà, à hauteur de près de 1 Mt en 2024, « faisant des États-Unis de loin le plus grand fournisseur d’éthanol en Europe ».
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Les associations françaises rappellent que le pays de l’Oncle Sam constitue le premier producteur mondial d’éthanol, avec une production dix fois supérieure à celle de l’Europe. Elles indiquent par ailleurs que l’industrie au Royaume-Uni est mise en péril par un accord de ce type. Les groupes ABF (Associated Britsh Food) et Ensus (propriété de l’allemand Südzucker) avaient par exemple annoncé qu’ils pourraient fermer leurs sites début juillet. Si un tel « deal » se mettait en place avec l’Europe et la France, « la fermeture ou la réduction sensible de l’activité de nombreux sites industriels » pourrait advenir, prévient la profession. L’Hexagone constitue le premier producteur européen d’éthanol, via douze usines, et générant « 12 000 emplois directs, indirects et induits dans l’agriculture, l’industrie et les services ».