Abonné

Biogaz : un projet de stockage de CO2 liquéfié en France, enfoui en Norvège

- - 2 min

Les entreprises South Pole (Suisse) et Carbon Impact (France) présentent, dans un communiqué le 21 mai, un projet de récupération de CO2 produit par des unités de biométhane françaises, près de Nancy, et enfoui en Norvège, « sous la mer du Nord ». En quête de financeurs, ce projet a pour objectif de séquestrer 10 000 tonnes de CO2 par an, à compter de 2026. S’il voyait le jour, il s’agirait de la première filière de captage et stockage de CO2 sur des unités de production de biométhane en France – des projets similaires sont en cours ailleurs en Europe, notamment en Suisse. Le projet français concerne des agriculteurs membres de trois unités : Meurthenergie à Azerailles, Mortagne Environnement à Gerbéviller et Méthanisation Seille Environnement à Haraucourt-sur-Seille. Les trois sociétés d’exploitation des unités seraient prêtes à investir, mais attendent des promesses d’achat de crédits carbone, indique le communiqué.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

L’ordre de grandeur du prix de vente se situerait bien au-dessus du marché classique des crédits carbone, « entre 400 et 500 €/t CO2 », précise Karim Rahmani, cofondateur de Carbon Impact, « développeur français de projets d’élimination du carbone », qui travaille sur ce projet avec le groupe suisse South Pole (qui se présente quant à lui comme un « développeur d’actifs carbone certifiés »). Des prix à première vue plus élevés qu’une autre technique de stockage, l’épandage de basalte (autour de 150 à 180 $/t à l’échelle internationale), ou que le stockage de carbone organique dans les sols (de l’ordre d’une dizaine à une vingtaine de dollars la tonne). Mais l’enfouissement de CO2 et l’épandage de basalte promettent des durées de stockage plus longues, et moins sensibles au changement climatique. « L’idée est surtout qu’ils nous aident à démarrer une filière, pour réduire les coûts, et avoir plus de facilités à l’avenir à s’approvisionner auprès de nous », explique Karim Rahmani.

Crédits carbone « entre 400 et 500 €/t CO2 »