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Biolie essaime son procédé d'extraction végétale à l'international

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Nicolas Attenot, président et cofondateur de Biolie Crédits : © biolie

La société Biolie est spécialisée dans l’extraction végétale pour le développement d’ingrédients sur-mesure à destination de la cosmétique et de la nutraceutique. Son savoir-faire repose sur sa capacité à créer des mélanges enzymatiques les mieux adaptés aux végétaux et aux objectifs d’extraction fixés.

La société Biolie, créée en 2012 par Nicolas Attenot (président), Lionel Muniglia (directeur scientifique) et Guillaume Ricochon (directeur technique) est issue du laboratoire de recherche de l’université de Lorraine. Les trois associés sont à l’origine du développement d’un procédé d’extraction végétale (feuilles, racines, graines, algues, champignons…) dont le brevet a été déposé par l’université puis racheté par la start-up vosgienne. 

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« Tous les ingrédients fabriqués par Biolie sont issus de cette technologie brevetée d’extraction végétale sans solvant organique. Au départ, les plantes sont broyées, mises dans une cuve, chauffée ou non, avec le cocktail d’enzymes choisis afin de libérer des molécules d’intérêts. Ce mélange passe ensuite dans une centrifugeuse et permet d’obtenir un extrait aqueux, une huile et un tourteau, qui seront ensuite retravaillés pour obtenir l’ingrédient voulu. Tout le savoir-faire de Biolie repose sur les mélanges et la mise au point de cocktails d’enzymes adaptés à ce que l’on veut extraire de la plante. Nous disposons d’une bibliothèque de 150 enzymes, tous certifiés non OGM et de qualité alimentaire, pour nos mélanges », explique Nicolas Attenot. 99% des ingrédients vendus par Biolie sont liquides et principalement utilisés dans la cosmétique.

Des partenariats à l’international

Biolie vend ses propres ingrédients, dont une trentaine pour la cosmétique et trois pour la nutraceutique par catalogue aux laboratoires, une activité qui représente 40% du chiffre d’affaires. Pour les 60% restants, la société travaille à façon pour des clients, majoritairement issus de la cosmétique, mais aussi des fabricants de compléments alimentaires ou présents dans la santé animale. Selon les besoins de ses clients, soit Biolie développe et produit les ingrédients à façon, soit ils achètent « la technologie sous licence du brevet avec les enzymes que nous leur fournissons, pour produire eux-mêmes, nous les aidons alors à monter une unité de production chez eux, en dimensionnant l’outil, en déterminant le type de broyeur, de cuve, la centrifugeuse adaptée… », détaille Nicolas Attenot. 

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C’est grâce à ce type de partenariat que la société est « présente en Guyane et en Martinique pour utiliser la biomasse locale, ainsi qu’au Québec, où nous avons signé un accord sous licence avec le Centre d’entreprenariat et d’essaimage de l’Université à Chicoutimi (CEE-UQAC) pour l’utilisation de notre technologie d’extraction. L’unité, qui a vu le jour à Saguenay (Québec) ne nous appartient pas, elle est mise à disposition des industriels nord-américains », indique encore Nicolas Attenot. Plus récemment, Biolie a annoncé « un partenariat avec l'entreprise Multifolia à Troyes, pour monter un démonstrateur industriel de production d’ingrédients, à partir du sainfoin, une herbacée utilisée auparavant dans le traitement de la vigne et dans la santé animale ».

Rentable depuis deux ans, Biolie ne communique pas son chiffre d’affaires et indique juste être en forte croissance. La société qui déjà procédé à deux levées de fonds depuis sa création pour un montant total de 1,4 million d’euros auprès d’industriels, de fonds d’investissements, notamment le fonds Starquest, et de business angels, « s’autofinance actuellement. Certes tout dépend de la vitesse à laquelle nous souhaitons croître, mais le développement de l’activité aujourd’hui ne nécessite pas de nouveau tour de table », confie le dirigeant.