Abonné

Biosécurité : des pistes d'adaptation au plein air

- - 3 min

Les résultats d'une expérimentation nationale sur la biosécurité dans les élevages plein air en filières avicoles et porcines ouvrent la voie à un système d’évaluation des risques et des moyens de maîtrise adaptés.

Initiée en 2022 par la DGAL (ministère de l'Agriculture), coordonnée par la fédération de l’agriculture paysanne (Fadear), une étude présentée le 4 novembre à Montreuil dresse des pistes d'adaptation des règles de biosécurité à l'élevage en plein air de porc et volaille. Elle conclut à « l’intérêt d’intégrer une approche fondée sur l’analyse de risque dans la réglementation, afin de prendre en compte la diversité des contextes d’exposition ». Des grilles d'analyse de risques sanitaires - une pour l’aviculture, une pour l’élevage porcin - ont été établies par les instituts techniques et testées sur 144 petits élevages « plutôt non-conformes [en matière de normes sanitaires] et homogènes en tailles », selon les précisions de la présentatrice de la Fadear. L’expérimentation a en particulier mesuré les écarts entre l’exposition aux risques d’introduction (par les animaux sauvages, de ferme, les nuisibles, les personnes et véhicules) et leur maîtrise.

Ces grilles d’analyse doivent «encore être éprouvées au cours d’un processus de publication scientifique», est-il dit en conclusion du rapport technique, mais les auteurs pensent qu'elles peuvent être «reconnues par l’administration en vue de leur utilisation pour évaluer le niveau de biosécurité dans les élevages, notamment en plein air ». Sous réserve de leur reconnaissance par l’administration, elles pourraient permettre d’assurer un niveau satisfaisant de maîtrise du risque dans un élevage en plein air au regard de son niveau d’exposition. Elles pourraient aussi « contribuer à terme, à adapter la réglementation biosécurité pour les élevages plein air, avec une approche mieux adaptée à leurs spécificités, grâce à l’élargissement des outils disponibles », est-il formulé.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

ministère de l'Agriculture
Suivi
Suivre
Label rouge
Suivi
Suivre

Compostage, dispositifs anti-sangliers

La mise à l’abri des volailles de plein air en cas de risque national d’influenza a aussi été abordée. Est-elle systématiquement efficace pour protéger celles-ci des oiseaux sauvages et empêcher la diffusion du virus entre fermes ? A cette question centrale pour les aviculteurs paysans et sous labels (Bio, Label rouge), l’étude apporte un début de réponse. L’outil d’observation «  semble pouvoir apporter une réponse prometteuse » en matière de risque d’introduction du virus dans l’élevage. Quant aux risques de diffusion, « le travail reste à poursuivre dans les élevages ne mettant pas en œuvre la claustration ».

En termes de prévention, l’efficacité du compostage des cadavres (limitant le risque de contamination par le camion d'équarrissage) et des dispositifs anti-sangliers, n’a pu être démontrée. Non plus que la robustesse des volailles élevées en plein air ni l’intérêt de préserver une flore bactérienne protectrice dans les bâtiments.

« Le ministère prendra sa part dans les suites à donner ».