Biotop, spécialiste des solutions alternatives de protection des plantes, a lancé le 16 juillet avec la coopérative drômoise Valsoleil la première offre d'épandage de trichogrammes par ULM. Prochaine étape le 21 juillet avec un lâcher par drone chez Arterris, qui est aussi dans la sphère du groupe InVivo. L'objectif est d'étendre les superficies traitées.
« A terme, le lâcher de trichogrammes par ULM permettra d'augmenter significativement les surfaces concernées par cette lutte alternative » contre la pyrale du maïs, a expliqué le directeur Marketing et commercial de Biotop Sébastien Rousselle, lors du déroulement de ce chantier de 300 hectares. Les trichogrammes, minuscules guêpes auxiliaires, sont utilisés en France sur 120 000 hectares de maïs, d'après l'entreprise, soit quelque 20 % des surfaces traitées contre la pyrale. Une solution de biocontrôle appliquée jusqu'ici à la main, ce qui freine son développement.
La filiale d'InVivo a par ailleurs annoncé une autre offre d'épandage de trichogrammes faisant appel au drone. Son lancement avec la coopérative audoise Arterris est prévu le 21 juillet sur une centaine d'hectares. « Comparativement à l'ULM, le drone est adapté à des petites parcelles, de toutes les formes, a indiqué Sébastien Rousselle. Mais les contraintes sont nombreuses, en termes de réglementation, de capacité de charge, d'autonomie. » La différence se ressent dans le débit de chantier : 80 à 100 hectares par jour avec le drone contre 100 hectares par heure avec l'ULM, qui couvre donc au moins cinq fois plus de surfaces quotidiennement. Les coûts d'utilisation sont en revanche comparables, entre 15 et 17 euros par hectare, auxquels s'ajoutent environ 60 euros par hectare d'achat de produit.
« L'accrochage manuel, ça rend fou ! »
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« Les deux offres d'épandage aérien, par ULM et par drone, devraient pouvoir se compléter chez Valsoleil », a estimé Thierry Maingourd, responsable des approvisionnements au sein de la coopérative. Pour la première année de lancement, les parcelles de plus de 50 hectares ont été ciblées, de même que les agriculteurs n'utilisant pas de trichogrammes pour lutter contre la pyrale. « Le frein à l'utilisation des trichogrammes a toujours été l'humain : les accrocher manuellement sur les maïs, ça rend fou à cause du pollen, des feuilles coupantes, a-t-il lâché. D'où la nécessité de trouver des moyens mécaniques. » Au lieu des traditionnelles plaquettes de trichogrammes à installer manuellement sur la plante, des capsules en cellulose ont été conçues pour un lâcher aérien. L'intervention s'effectue sur la seconde génération de pyrale, aussi appelée G2.
Un bilan est certes prévu à l'issue de ce lancement mais il y a fort à parier que les agriculteurs lui trouveront de nombreux avantages. « Pour que l'offre soit retenue, trois points doivent être respectés, a souligné Thierry Maingourd. Côté agronomie, l'important est d'amener un plus en rendement et en qualité. Sur le plan économique, il s'agit d'obtenir une plus-value comme auprès de nos partenaires de la coopérative Drômoise de céréales », laquelle propose des contrats de maïs sans mycotoxines. « Enfin, l'impact sur l'environnement doit être correct », a-t-il ajouté, rappelant au passage que la Drôme est un département très axé sur l'agriculture biologique.