Même si son projet de reprise a été retoqué par le tribunal de commerce de Caen fin juillet, l'homme d'affaires Georges Viana continue de croire à l'avenir de Biscuiterie Jeannette. Il lance un premier programme de financement participatif afin de sauver l'entreprise
GEORGES Viana ne s'avoue pas facilement vaincu. Candidat à la reprise de Biscuiterie Jeannette, son projet n'avait pas reçu l'aval du tribunal de commerce de Caen fin juillet, faute de financement suffisant. Une décision qui ne l'a pas empêché de continuer à travailler sur ce dossier, auquel il continue de croire fermement. Pour montrer aux banques que son projet tient la route, il a décidé de lancer une opération de crowdfunding, via la start up de financement participatif Bulb in Town. Georges Viana lance dans un premier temps un appel de fonds sous forme de financement participatif d'un montant de 50 000 euros. Celui-ci est ouvert depuis le 9 septembre pour 40 jours. Les investisseurs, qu'il s'agisse du grand public ou d'entreprises, seront récompensés sous forme de produits en fonction de leur mise de fonds.
D'IMPORTANTS BESOIN DE FINANCEMENTS
« Certes, nous sommes bien loin de l'objectif d'investissement de 1,8 million d'euros nécessaire pour la construction d'une nouvelle ligne de production et d'une nouvelle usine, mais grâce à cette première levée de fonds, j'espère démontrer qu'il existe une clientèle pour les biscuits Jeannette », nous explique Georges Viana. Dans un second temps, et à condition que la première phase soit à la hauteur de ses espérances, l'homme d'affaire pourrait lancer une deuxième campagne de crowdfunding dont le montant reste à déterminer, à moins que « les banques ne décident de financer le projet à 100 % », n'exclut pas ce dernier.
VERS UNE PRODUCTION HAUT DE GAMME
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Après avoir pris des conseils auprès de professionnels du secteur des biscuits, Georges Viana auparavant cadre supérieur à la Lyonnaise des Eaux, est certain de pouvoir s'en sortir en réorientant la production de Biscuiterie Jeannette sur la qualité et le haut de gamme. « La madeleine au beurre est un produit du terroir français réputé. Et je suis convaincu qu'il existe aussi un marché à l'export ». Dans son projet initial, l'entrepreneur, habitué dans le passé a travailler sur des projets compliqués, prévoit de créer 20 postes, en donnant la priorité aux anciens de Biscuiterie Jeannette, « ma priorité est de trouver une solution pérenne », précise le potentiel repreneur.
UNE MARQUE INSCRITE DANS LE PATRIMOINE NORMAND
Réputés dans les années 80, les biscuits Jeannette ont ensuite baissé en gamme et l'outil de production est aujourd'hui totalement délabré et obsolète. Mais Georges Viana capitalise sur la marque Jeannette qui du haut de ses 164 années d'existence a conservé une très bonne image auprès du grand public. Il compte également sur le soutien de Gérard Lebaudy, le patron de la Biscuiterie de l'Abbaye (lire ci-après). « J'interviens en tant que conseil sur ce dossier, pour lequel je partage la même vision que Georges Viana sur un repositionnement des produits. Si le projet avance comme le souhaite ce dernier, nous sommes prêt à lui donner un coup de main, en proposant notamment notre force commerciale au niveau régional. La madeleine pur beurre fait partie de notre patrimoine normand, il existe donc une synergie avec nos sablés pur beurre », explique Gérard Lebaudy qui tient à préciser qu'« il n'a jamais été dans notre intention de reprendre la Biscuiterie Jeannette ». PDf