Le cahier des charges de la farine Label Rouge est complété par des exigences de réductions d’intrants, ont indiqué le 28 mars ses responsables. Exemple, les apports d’engrais azotés sont plafonnés.
Un « renforcement des critères agro-écologiques » est identifié comme faisant partie des « enjeux majeurs de notre chaîne blé-farine-pain », a déclaré en conférence de presse Catherine Peigney, présidente de la filière végétale du Paq, organisme de défense et de gestion (ODG) des farines Label Rouge. « La filière s’engage dans une démarche vertueuse de réduction des intrants. » Concrètement, l’apport d’engrais azotés est strictement encadré et les doses plafonnées. Les agriculteurs ont l’obligation de justifier tout traitement, phyto ou de fertilisation, au moyen d’OAD (outils d’aide à la décision). « Afin de ne pas sur-fertiliser, j’utilise des OAD pour mesurer la quantité d’azote restant dans le sol », illustre dans une vidéo Hugues Hincelin, céréalier en Seine-et-Marne. Par ailleurs, le cahier des charges de la farine Label Rouge intègre les dispositions du référentiel de la certification environnementale de niveau 2.
Les régulateurs de croissance sur la sellette
Concernant le volet phytos, l’accent est mis sur les régulateurs de croissance (dits raccourcisseurs de paille) utilisés en production de blé. « L’Inao nous demande de travailler, lors de trois prochaines campagnes, sur la réduction voire la non-utilisation des régulateurs de croissance », explique Catherine Peigney, précisant que l’institut technique Arvalis est sollicité dans ce but. Il s’agit d’établir, au moyen d’OAD, « jusqu’où on peut aller » sans nuire à la récolte, d’après elle. Le comité national IGP-Label rouge-STG de l’Inao, réuni les 25 et 26 janvier, a décidé un « encadrement du recours aux régulateurs de croissance » en vue de « sortir de l’usage des régulateurs de croissance, tout en laissant une période de transition », avait indiqué à Agra Presse l’établissement public. Quant aux insecticides de stockage, l’ancien cahier des charges interdit déjà leur utilisation.
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Autre enjeu de la filière : un renforcement de la qualité des procédés de fabrication des farines. L’apport de gluten exogène est ainsi limité à 1 % (au lieu de 2,5 %), puis totalement interdit à compter de septembre 2022. L’ancien cahier des charges prévoit déjà que seuls peuvent être retenus les blés figurant dans la liste des variétés recommandées par la meunerie française (VRM). C’est désormais une caractéristique certifiée, au même titre que celles sur l’absence d’insecticide de stockage et sur la sélection et l’assemblage des blés pour la farine. En 2020, 178 000 t de farine Label Rouge (+11 %) ont été produites au sein de la filière, qui rassemble plus de 6 000 producteurs de blé, 65 moulins, 45 organismes stockeurs.