FranceAgriMer a publié le 14 novembre des données export montrant un rythme soutenu pour le blé à l’international, que la concurrence de l’Argentine et des États-Unis pourrait cependant contester lors des prochains mois. Les embarquements depuis les ports français atteignent 2,7 Mt de blé tendre vers les pays tiers (+35 % sur un an) au 31 octobre.
« On est à un tournant de la campagne », a souligné Marc Zribi, chef de l’unité grains et sucre, estimant que les blés argentins et américains sont désormais à surveiller. Les pluies abondantes, qui ont touché ces derniers jours l’Argentine se sont arrêtées, selon lui. Reste des incertitudes quant à leur impact sur les rendements et la qualité, a-t-il précisé. Les blés argentins ont représenté une sérieuse concurrence ces dernières années pour l’origine France sur le marché algérien, sa principale destination hors Europe.
Les États-Unis devraient constituer « une offre de blé tendre très compétitive » sur la deuxième partie de campagne, poursuit Marc Zribi. D’ailleurs, l’origine US vient de remporter un appel d’offres sur l’Égypte, ce qui n’était plus arrivé « depuis très longtemps ». Il s’agit d’un bateau de 60 000 tonnes destiné au Gasc, organisme d’État, à 254 $/t Caf (coût, assurance et fret), soit un « niveau de prix similaire à celui habituellement proposé par la Russie ou l’Ukraine », d’après lui.
Moindres disponibilités en blés russes
Ces derniers mois, les blés russes ont dominé le marché international. Leur « arrivée massive » a en partie absorbé la hausse des prix mondiaux, selon Marc Zribi. Mais plus de 50 % des disponibilités ont déjà été exportées. Les regards se tournent désormais outre-Atlantique, où les blés argentins et américains sont capables d’animer la seconde partie de campagne.
L’établissement national note « un regain de compétitivité des céréales françaises », en lien avec le renchérissement du dollar. De quoi soutenir les exportations. « Le blé départ Rouen évolue favorablement en termes de compétitivité prix face aux autres origines », avance Marc Zribi. Exemple, l’écart se réduit par rapport à l’Argentine : encore très élevé il y a un mois, supérieur à 20 $/t, ce différentiel est tombé entre 8 et 10 $/t. « Fret inclus, le blé français est quasiment au même prix que le blé argentin » vers les pays de la Méditerranée, selon lui.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Côté bilan 2018-19, FranceAgriMer réévalue le stock final par rapport au mois dernier à 2,5 Mt de blé tendre (contre 2,4 Mt en octobre). Cela s’explique essentiellement par une révision à la baisse des exportations vers l’Union européenne et surtout vers l’Espagne, qui a connu une très bonne récolte. L’établissement national chiffre à 7,8 Mt l’export vers l’UE (contre 7,9 Mt le mois dernier). Les exportations vers les pays tiers sont, elles, inchangées, à 8,8 Mt.
Une concurrence du blé Argentine et US à surveiller
Bilans tendus en orge, marché « très concurrentiel » en maïs
Concernant l’orge, les données publiées par FranceAgriMer restent très proches de celles du mois dernier. « Les bilans mondiaux sont toujours très tendus, avec des prix désormais supérieurs à ceux du blé meunier », qu’il s’agisse des origines mer Noire, France ou UE, selon Marc Zribi. Un retour de l’Arabie saoudite est observé sur la scène internationale. Le pays importe quasiment autant que la Chine. « Des fondamentaux très tendus » caractérisent la campagne 2018-19, notamment le ratio stock/consommation autour de 12 % et la consommation encore supérieure à la production.
En maïs, le marché apparaît « très concurrentiel » entre les origines États-Unis, Ukraine, Argentine, Brésil. « L’Ukraine connaît une récolte record, autour de 33 Mt, insiste Marc Zribi. Ses exportations sont prévues autour de 25 Mt, la destination UE représentant plus de 80 % du total. »