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FranceAgriMer Blé tendre : baisse des exportations vers l'UE

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Le Conseil spécialisé des céréales de FranceAgriMer a annoncé une baisse de 100 000 tonnes de l'objectif d'exportations de blé tendre vers l'Union européenne pour la campagne 2013-14.

LA France a abaissé de 100 000 tonnes son objectif d'exportations de blé tendre vers l'Union européenne (UE) pour la campagne 2013-2014, a annoncé FranceAgriMer au cours du Conseil spécialisé céréales, le mercredi 9 avril. Cette baisse s'explique par une demande moindre de blé tendre en provenance des pays du Sud, notamment de la part des fabricants d'aliments espagnols. Mécaniquement, les stocks finaux de blé tendre ont été réévalués de 100 000 tonnes.

En Méditerranée, les prévisions des exportations françaises vers les « pays tiers » sont maintenues à 11,4 millions de tonnes, grâce au dynamisme des chargements vers l'Algérie et le Maroc. Les restrictions imposées par l'Egypte depuis le 27 janvier – un taux d'humidité maximum de 13%, strictement appliqué – ne devraient pas être assouplies prochainement, selon les dernières déclarations du ministre de l'Agriculture égyptien, et continuent donc de pénaliser l'exportation de blés français, estime FranceAgriMer.

L'inconnue des contingents venus d'Ukraine

En mer Noire, l'ouverture des contingents tarifaires à l'importation des céréales ukrainiennes a été votée le 8 avril par la Commission européenne, mais elle n'a pas encore été mise en place. Leur impact est encore difficile à apprécier. Selon FranceAgriMer, les importations de blé en Europe en provenance d'Ukraine ont été très irrégulières ces dernières années. En Europe, le blé ukrainien est essentiellement exporté à destination du Portugal et dans une moindre mesure de l'Italie et du Portugal. Mais pour Natalija Riabko, analyste de FranceAgriMer, cette ouverture constitue une réelle menace. « C'est un danger pour les producteurs européens tournés vers l'export. Les blés ukrainiens peuvent être réexportés vers l'Egypte, grâce à leur fort taux de protéine ».

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Après l'Ukraine, les craintes portent sur les États-Unis

Ces dernières semaines, le marché mondial du blé tendre avait les yeux rivés sur l'Ukraine. Sur le blé tendre, l'hypothèse d'une baisse des exportations ukrainiennes diminue pour FranceAgriMer : « Force est de constater que le conflit n'a, pour le moment, pas entravé les expéditions de céréales. Les inquiétudes relatives à la poursuite des expéditions s'estompent ». L'attention se porte désormais du côté des Etats-Unis, où une sécheresse affecte depuis le début de l'année les plaines du sud, principale région productrice de blé de type Hard Red Winter. En mars, les précipitations ont été inférieures de 18% à la normale au Kansas, de 49% dans l'Oklahoma et de 36% au Texas, selon FranceAgriMer. Les conséquences se font ressentir. La proportion de blés classée « bons à excellent » a régressé, la semaine du 31 mars au 6 avril à 29% au Kansas, contre 32% la semaine précédente.

Les blés tendres ont douze jours d'avance

«L'ÉTAT des cultures est plutôt satisfaisant », a annoncé Rémi Haquin, président du conseil spécialisée de la filière céréalière de FranceAgriMer, le 9 avril. Les blés tendres, qui avaient trois jours d'avance à la levée par rapport à la moyenne des trois dernières années, ont désormais douze jours d'avance au stade épi 1cm. L'orge d'hiver tient le même rythme avec dix jours d'avance, alors qu'elle en avait déjà cinq à la levée. « On constate des sols très compactés », note par ailleurs Maggy Muckensturm de France AgriMer, qui évoque, comme explication au phénomène, l'absence d'hiver rigoureux qui permet de fracturer les mottes, et l'excès d'humidité sur la période hivernale. Et de conclure : « Cela pose des problèmes d'enracinement »