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Blé tendre : dynamisme à l’export vers l’UE grâce à la qualité protéique

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Le conseil spécialisé « céréales » de FranceAgriMer du 10 janvier a rectifié à la hausse son bilan prévisionnel des exportations vers l’UE pour la campagne 2017-2018, grâce à la qualité protéique du cru 2017. Une rectification plus importante que la révision à la baisse sur les pays tiers, due aux revers français face à la rude concurrence des blés de la mer Noire.

Le dynamisme des exportations françaises de blé vers les pays membres de l’UE se traduit dans les chiffres de FranceAgriMer. Le conseil spécialisé de l’établissement a relevé, le 10 janvier, son estimation d’export vers l’UE : de 8,077 millions de tonnes (Mt) prévus en décembre pour la campagne qui se terminera le 30 juin, elle a été portée à 8,607 Mt. Soit un gain de 530 000 tonnes. Cette révision en hausse fait plus que compenser la révision en baisse de son estimation d’exportation de blé tendre sur les pays tiers pour la campagne 2017-2018, de 9,5 millions de tonnes en décembre dernier à 9,3 Mt désormais. L’âpre concurrence des blés russes et ukrainiens s’explique pour une bonne part par les équipements logistiques des ports russes de Crimée notamment, a rapporté Marc Zribi, chef d’unité des grains et du sucre à FranceAgriMer.

Cette année, les blés français s’exportent bien en Belgique, aux Pays-Bas, et même en Allemagne, pays habituellement exportateur de blés à haute teneur en protéines. Et aussi en Espagne, au Portugal et en Italie. « Si nos blés passent bien sur l’UE, c’est parce que nous avons des taux de protéines de 12 %. Le fait d’avoir 12 % de taux de protéines au lieu de 11 % nous fait gagner 8 à 10 € par tonne », a commenté Rémi Haquin, président du conseil spécialisé.

Des facteurs de lourdeur du marché et des facteurs d’animation de la demande

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Le conseil céréalier a intégré plusieurs facteurs de lourdeur des marchés : d’une part, une forte concurrence des blés argentins en Algérie, qui s’explique, selon Rémi Haquin, par un retour des céréales (blé et maïs) dans les assolements. Ces dernières années, les céréaliers argentins avaient tendance à délaisser les céréales pour faire du « soja sur soja ». Or, le sol a besoin de rotation des cultures pour éviter les maladies. D’autre part, le Conseil international des céréales (CIC) a procédé à une substantielle réévaluation du stock chinois de maïs, à 200 Mt au lieu de 100 Mt, mais on ne sait pas dans quelle mesure ces stocks sont mobilisables et risquent d’influencer le marché mondial.

Le conseil a aussi pris en compte des facteurs de dynamisme : un ratio stocks sur consommation d’orge historiquement bas dans le monde et une demande chinoise d’orge plus soutenue que prévu. En outre, une tension des cours du maïs en Argentine et au Brésil a été enregistrée sur les marchés du fait d’un temps sec et chaud. Enfin, une réflexion est en cours au Brésil sur une éventuelle contribution du maïs à la production d’éthanol dans le cadre d’un vaste plan de décarbonation des transports, le programme Renovabio. Une plus grande sollicitation du maïs serait facteur de hausse des cours de cette céréale sur les marchés mondiaux.

« Le fait d’avoir 12 % de taux de protéines au lieu de 11 % nous fait gagner 8 à 10 € par tonne »