FranceAgriMer annonce une note de panification « bon à très bon » pour 43 % de la collecte de blé tendre contre 95 % l'an dernier, d'après une enquête qualité à l'entrée des silos. Cette qualité ampute le prix versé au producteur et génère un bilan de campagne « pas habituel ».
«E NVIRON 60 % du blé tendre obtient une note de panification acceptable », a déclaré le 10 septembre en conférence de presse le président du conseil spécialisé Céréales Rémi Haquin, sachant que les analyses portent sur 73 % de la collecte. Vu la qualité de la récolte 2014, les organismes stockeurs ont un gros travail d'allotement. Cela se traduit aussi par une moins bonne rémunération. « Les agriculteurs reçoivent la baisse des prix en pleine figure : il y aura des réfactions », a expliqué Rémi Haquin, en chiffrant à 30 euros/t la moins-value des blés fourragers par rapport aux meuniers.
La meunerie « saura faire avec »Devant un bataillon inhabituel de journalistes, FranceAgriMer a voulu faire taire les rumeurs sur la mauvaise qualité de la moisson. « C'est une année atypique », a reconnu Rémi Haquin. Avant d'ajouter : « Chacun devrait pouvoir trouver les débouchés habituels. » Il a rappelé comment, « jusqu'au 9 juillet », la récolte lui paraissait sous de bons auspices, après un hiver doux, humide, sans gel. Juste avant une multiplication des problèmes météo, entre excès de pluies et températures trop basses qui ont entraîné des germinations. Pas de quoi s'alarmer, au final : « La meunerie saura faire avec la récolte française », a estimé Rémi Haquin. Le président du conseil spécialisé Céréales s'est montré rassurant quant aux débouchés de la production 2014, même si « il y aura des mouvements ».
« Des segments inhabituels à aller chercher »FranceAgriMer a d'ailleurs livré des bilans « pas habituels ». En blé tendre, les exportations vers l'UE ressortent en hausse sensible à 8,1 Mt (contre 6,8 Mt en 2013-14), avec plus de fourragers, moins de meuniers. Vers les pays tiers, la baisse est notable à 8 Mt (contre 12,2 Mt). Une estimation « pas alarmiste », d'après Olivia Le Lamer, chef de l'unité Grandes cultures. Cela reflète toutefois des difficultés probables, faute de satisfaire aux cahiers des charges publics dans les pays tiers. « Il y aura des segments inhabituels à aller chercher », a-t-elle estimé. Quant à la hausse des importations, à 0,4 Mt (contre 0,3 Mt), l'évolution lui paraît insignifiante car l'usage final n'est « pas pour l'export ». Une allusion au rappel de l'Algérie excluant toute livraison de blé issu de mélanges de plusieurs origines. L'impression qui se dégage d'un tel bilan est la lourdeur, avec une production de 37,4 Mt dotée d'un « potentiel de hausse ». Le stock de report grimpe lui à 3,9 Mt (contre 2,3 Mt).
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SI les problèmes de germination ont focalisé l'attention, tout ne se résume pas au faible temps de chute de Hagberg pour juger la qualité du blé 2014. « Les meuniers l'ont confirmé : le temps de chute de Hagberg n'est pas le seul critère lors des tests de panification, a souligné Rémi Haquin. Il y a croisement avec la variété, des critères comme la force boulangère, le P/L. »
L'enquête qualité, menée par FranceAgriMer et Arvalis à l'entrée des silos, montre un temps de chute de Hagberg supérieur au seuil de 170 secondes pour 65 % du blé (46 % au dessus de 220 s). La teneur en protéines affiche 11,1 % en moyenne (contre 11,2 % l'an dernier). Le poids spécifique ressort à 76,3 kg/hl (contre 77,6 kg/hl), 60 % du blé dépassant le seuil commercial de 76 kg/hl.