FranceAgriMer a relevé, le 18 février, de 237 000 t ses estimations de stock de blé tendre, lequel s’achemine vers 6 Mt fin 2015-16. En cause notamment, des exportations vers les pays tiers qui tomberaient à 11 Mt (contre 11,3 Mt prévu le mois dernier).
Fait inédit, les mises en dépôt chez les collecteurs atteignent 6 Mt de blé tendre au 1er janvier. Elles affichent une hausse de 51 % par rapport à l’an dernier. Ces stocks, encore propriété des agriculteurs, représentent une collecte différée à mai/juin au maximum, source de pression sur les prix d’ici la fin de campagne. La situation est comparable en orge avec des mises en dépôt chez les collecteurs de 1,2 Mt au 1er janvier (+55 %).
Concernant le maïs, l’attention est focalisée sur l’impact de la grippe aviaire, qui a poussé le gouvernement à décréter un vide sanitaire de plusieurs mois dans les élevages de palmipèdes. FranceAgriMer a rogné ses prévisions de mises en œuvre par les fabricants d’aliments du bétail. Les incorporations de maïs sont abaissées de 100 000 t pour 2015-16. Sans conséquence sur les stocks, dont le disponible (part du volume supérieure à la moyenne des cinq dernières campagnes) passe à 0,3 Mt de maïs (contre 0,4 Mt estimé en janvier). Explication : l’établissement public a notamment relevé ses prévisions d’export vers l’UE à 5,3 Mt (5,2 Mt le mois dernier), grâce notamment au débouché espagnol.
Les exportations de blé pâtissent de « l'imbroglio » en Egypte
FranceAgriMer voit s’assombrir les perspectives de ventes du blé français à l’international en lien avec la confusion créée par les atermoiements de l’Egypte, premier importateur mondial, sur ses critères sanitaires. Les exportations vers les pays tiers n’atteindraient finalement que 11 Mt, soit 300 000 t de moins que ce qui était prévu le mois dernier. « C’est clairement l’effet de l’imbroglio égyptien », a déclaré Olivia Le Lamer, chef de l’unité grandes cultures.
L’Egypte a refusé en début d’année un cargo de blé français pour dépassement du taux autorisé d’ergot. Après avoir un temps envisagé d’appliquer une tolérance zéro, Le Caire est finalement revenu sur sa décision mais l’épisode a rendu les exportateurs prudents sur leurs réponses aux appels d’offres égyptiens, habituellement très disputés. Un « désaccord administratif » entre le ministère égyptien de l’Agriculture et le Gasc (office d’achats étatique) semble être à l’origine du problème, selon Olivia Le Lamer.
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En revanche, l’Algérie « continue d’être le moteur » des achats de blé français avec 2,7 Mt au 12 février. Les exportations vers le Maroc et la Tunisie sont également dynamiques.
Plus de 50 % de hausse des stocks de blé et orge en dépôt chez les collecteurs
Le blé français au 5e rang mondial dans une compétition à douze pays
FranceAgriMer a classé le 18 février au 5e rang mondial le blé français, dans une compétition à douze pays. La France, à 558 points sur 1000, talonne l’Allemagne (559 points) 4e, loin derrière les Etats-Unis en N°1, suivis du Canada et de l’Australie. « Ce classement explique la capacité à exporter nos produits face aux principaux concurrents sur le marché mondial », a expliqué le délégué pour la filière céréalière Ludovic Pâris, en présentant son nouvel outil de veille compétitive. Si la France arrive en tête sur les aspects agroclimatiques, elle n’est que 9e par rapport aux données macroéconomiques, d’autres facteurs intervenant comme l’organisation de la filière et la réglementation, la capacité à conquérir de nouveaux marchés.