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Volaille/Stratégie Bodin veut préserver son marché

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Face au lancement de filières de poulets bio abattus à 70 jours (au lieu de 81 jusqu’à présent), les acteurs traditionnels réagissent. Bodin, leader du marché, fait de la mention 81 jours le message central de ses packagings.

Bodin, la filiale spécialisée dans la volaille bio de Gastronome (Terrena) va bien. « La France produit 50 % de la volaille bio européenne et l’offre est insuffisante pour répondre à la demande », explique Bertrand Thomas, directeur de Bodin SA (Sainte-Hermine, 85). Deux facteurs qui expliquent que, contrairement à la filière conventionnelle, la filière de la volaille bio, qui connaît une croissance soutenue (environ 10 % par an depuis 2008) est épargnée par la pression sur les prix. De 14,7 M EUR en 2007, le chiffre d’affaires de Bodin, qui emploie 100 personnes (nutrition animale, abattoir et découpe) devrait passer à 27,5 M EUR en 2011 (+ 17 % par rapport à 2010).
Avec la croissance du marché, des acteurs de plus en plus nombreux s’intéressent à la volaille bio. L’annonce de Duc de lancer une filière de poulets bio abattus à 70 jours fait frémir les acteurs de la filière traditionnelle. Le Synalaf (syndicat national des labels avicoles de France) a récemment mis en garde contre les risques de cette démarche, qui risque selon lui de tromper le consommateur et de détruire de la valeur dans la filière.

Une communication centrée sur le critère « 81 jours »
Bodin, leader de la volaille bio en France (avec 35 % du marché des volailles de chair), réagit pour sa part avec une nouvelle charte graphique qui fait la part belle au « 81 jours », qui devient la mention phare du packaging. « C’est notre rôle de réaffirmer que le poulet bio doit être au moins aussi qualitatif que le label rouge. Nous voulons responsabiliser les acteurs du secteur. Dans des linéaires encore petits, proposer du poulet bio abattu à 70 jours entraîne un risque de confusion pour le consommateur. Et si on transgresse la règle de 81 jours, on prête le flan à l’exportation où les cahiers des charges sont moins exigeants pour le bio », estime Bertrand Thomas. Le cahier des charges européen ouvre effectivement la porte à du poulet bio abattu à 70 jours, ce qui ne manque pas d’attirer des acteurs moins engagés que les acteurs traditionnels et sensibles à la question du prix. Le consommateur sera sensible à la qualité, c’est sûr, mais sans doute aussi au prix…

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