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Boeing : l’OMC autorise l’UE à prendre des mesures de rétorsion contre Washington

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Dans le cadre de l’affaire Boeing, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a donné le 13 octobre son accord permettant à l’UE de procéder à des sanctions tarifaires sur près de 4 Mrds $ de produits importés des États-Unis, notamment agricoles. Mais Bruxelles préférerait une solution négociée.

Un an après l’avoir sanctionnée pour son soutien à Airbus, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a autorisé le 13 octobre l’Union européenne à appliquer des sanctions tarifaires sur près de 4 milliards $ de produits importés des États-Unis en compensation des aides accordées par Washington à Boeing. Dans la perspective des sanctions, Bruxelles pourrait taxer à la fois fromage frais, champignons, fruits à coques, patates douces, tomates et carottes séchées, pommes de terre séchées, fruits et noix surgelés, dattes fraîches ou séchées, goyaves, mangues fraîches ou séchées, pamplemousse frais ou séché, raisins de table frais, sauce de soja, huile de tournesol brute, huile de carthame brute, huile de sésame brute (sauf pour usages techniques ou industriels), graines de tournesol et blé, amandes et pistaches grillés, jus d’orange congelé, vins, le ketchup, le saumon du Pacifique ou encore les tracteurs. L’UE pourra en faire la demande à l’occasion de la prochaine réunion de l’Organe de règlement des différends le 26 octobre.

Un accord négocié plutôt que des sanctions

Cette décision attendue depuis le printemps vient ainsi en miroir de l’autorisation accordée le 2 octobre 2019 aux États-Unis dans le cadre de l’affaire Airbus, d’imposer des taxes sur près de 7,5 milliards $ (6,8 Mrds €) de biens et services européens avec une augmentation des droits de douanes de 25 % sur certains produits agricoles dont les vins espagnols et français, les fromages italiens et anglais ou encore les olives et huile d’olive en provenance d’Espagne (2).

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Toutefois, le commissaire au Commerce, Valdis Dombrovskis, appelle à un « accord négocié avec les États-Unis, évitant des mesures et contre-mesures douloureuses. Des droits supplémentaires ne sont pas dans l’intérêt économique d’aucune des deux parties, alors que nous nous efforçons de nous remettre de la récession de la Covid-19 ». Tout en espérant que « les États-Unis réduisent les droits de douane imposés aux exportations européennes l’année dernière ». De son côté, le représentant américain au Commerce (USTR) assure que les États-Unis sont « déterminés à trouver une solution pour restaurer une juste concurrence ». Il a également indiqué que Washington était dans l’attente d’une réponse de Bruxelles à une récente proposition américaine. Le dernier mini-accord signé entre les deux parties le 21 août, sur des réductions de droits de douanes représente déjà un premier signe d’apaisement (1).

(1) Voir n° 3711 du 07/10/2020

(2) Voir n° 3755 du 31/08/2020