La Commission n’envisage aucune action concernant la consommation de boissons énergisantes. Conformément au partage des compétences prévu dans les traités, l’adoption de telles mesures relève des seuls États membres. C’est, en substance, ce qu’a indiqué la Commission à une eurodéputée française qui l’interrogeait sur ses intentions en la matière.
La consommation de boissons énergisantes a fortement augmenté ces dernières années nonobstant les risques soulevés à différentes reprises, a expliqué Joëlle Mélin (Front national) devant la Commission européenne. La députée a notamment souligné les différentes études de l’ANSES (voir encadré) d’où il ressort que « certains modes de consommation des boissons énergisantes pourraient être associés à des risques cardio-vasculaires lors d’exercices physiques intenses et de perception amoindrie des effets liés à l’alcool ». Joëlle Mélin a également rappelé l’appel à la prudence du Parlement européen qui, de son côté, a tout simplement émis son veto à de nouvelles allégations de santé relatives à la caféine par le vote d’une résolution le 7 juillet 2016.
Aux États membres d’agir
Dans sa réponse, Vytenis Andriukaitis, le commissaire à la santé et à la sécurité alimentaire, a indiqué que la Commission n’a pas l’intention de prendre des mesures en ce qui concerne la consommation de boissons énergisantes et que l’adoption de telles mesures relève de la compétence des seuls États membres. Il a expliqué que le rôle de la Commission européenne dans les domaines concernant la protection et l’amélioration de la santé humaine se limite « à soutenir, coordonner ou compléter les actions des États membres ». Dans ce contexte, a-t-il ajouté, la Commission soutient l’action des États membres concernant la nutrition dans le cadre de la Stratégie européenne pour les problèmes de santé liés à la nutrition, la surcharge pondérale et l’obésité et dans le cadre du programme Santé de l’UE, ainsi que par l’intermédiaire du Groupe de haut niveau sur la nutrition et l’activité physique et de la Plate-forme de l’UE relative à l’alimentation, l’activité physique et la santé. En ce qui concerne la question de l’eurodéputée sur les allégations de santé portant sur les denrées alimentaires contenant de la caféine comme les boissons énergisantes, le commissaire lituanien a répondu que la Commission « a pris note des objections récentes du Parlement européen ». Dans la résolution qu’il a adoptée, le Parlement européen a en effet demandé à la Commission européenne de retirer tout simplement son projet de règlement établissant une liste d’allégations de santé autorisées portant sur les denrées alimentaires en expliquant notamment que, d’une part, conformément à la réglementation européenne sur les allégations nutritionnelles et de santé (Règlement 1924/2006), ces dernières ne doivent pas encourager la consommation excessive d’une denrée alimentaire et que, d’autre part, un lien a été établi entre les boissons énergisantes et une série de problèmes de santé (maux de tête, insomnies, problèmes comportementaux, etc.).
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Recommandations de l’ANSES
Dans ses conclusions du 20 septembre 2016 sur les boissons énergisantes, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation et de l’environnement (ANSES) a notamment recommandé d’éviter la consommation de boissons dites énergisantes en association avec l’alcool ou lors d’un exercice physique. L’agence appelle aussi à une grande vigilance vis-à-vis des apports en caféine, notamment via les boissons énergisantes, pour certains consommateurs, en particulier les femmes enceintes et allaitantes, les enfants et adolescents, les personnes sensibles aux effets de la caféine ou présentant certaines pathologies notamment certains troubles cardio-vasculaires, psychiatriques et neurologiques, insuffisance rénale, maladies hépatiques sévères.