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Boissons sucrées : la teneur en sucre décline

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Selon une étude de l’Anses, le secteur des boissons sucrées enregistre une baisse des teneurs en sucres, en lien probable avec la taxe soda de 2013. Au-delà des boissons sucrées, 77 % des produits alimentaires contiennent des sucres ou des édulcorants.

Dans un rapport publié le 19 mars, l’Anses (sécurité sanitaire de l’alimentation) dresse un bilan complet de l’évolution de l’utilisation des ingrédients sucrants ou vecteurs de goûts sucrés dans les boissons et les aliments transformés. Pour ce faire, elle a passé en revue les listes des ingrédients de plus de 54 000 produits, sucrés comme salés, présents sur le marché entre 2008 et 2020. Résultat : 77 % des produits étudiés contenaient un ingrédient sucrant ou vecteur de goût sucré, selon les données les plus récentes disponibles récoltées entre 2012 et 2020.

Malgré une baisse de l’utilisation des ingrédients sucrés au cours des dernières années, « les résultats ne témoignent pas forcément d’une diminution de la teneur en sucres totaux dans les produits », souligne Julie Gauvreau-Béziat, chef de l’unité observatoire des aliments. Et d‘ajouter que « la suppression d’un ingrédient sucrant peut aller de pair avec la révision de la proportion des autres ingrédients ».

Des mesures de réduction des taux de sucre

C’est pourquoi l’Anses et l’Inrae ont également réalisé une étude sectorielle sur les teneurs en sucre des groupes d’aliments qui en contiennent le plus, à savoir les boissons sucrées (avec ou sans édulcorant) entre 2010, 2013 et 2019. Plus de 4 500 références de produits ont été analysées, particulier sur leur teneur en sucres : sodas, eaux aromatisées, boissons aux fruits, boissons énergisantes, etc. Pour l’ensemble du secteur des boissons rafraîchissantes sans alcool, elle conclut à une diminution des teneurs moyennes pondérées de sucres de 7 % entre 2013 et 2019. La baisse est le résultat de « substitutions réalisées par les consommateurs » et de « reformulations », mais elle est ralentie par le « renouvellement de l’offre », détaille l’Agence.

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Cette baisse « peut s’expliquer par la mise en place de mesures visant à réduire les taux de sucres des boissons », parmi lesquelles l’instauration d’un accord collectif entre les principaux industriels du secteur et les pouvoirs publics pour diminuer le taux moyen de sucres, mais aussi la mise en place d’une taxe sur les boissons contenant des sucres ou des édulcorants ajoutés en 2012. « Toutefois, cela reste à confirmer par des analyses complémentaires plus causales que ce qui peut être fait dans cette étude descriptive », précise l’Anses. Elle précise notamment qu’il n’est pas possible « de distinguer les effets liés à la taxe de ceux liés à l’accord collectif.

Alors que la consommation moyenne de sucres libres en France est de 95 à 100 g, l’Anses recommande aux industriels de poursuivre leurs « efforts ». Selon l’OMS, la consommation maximale de sucres libres doit être de 50g par jour et par adulte.

L’OMS recommande un maximum de 50g/jour de sucres libres