Gestion des risques. Tout le monde a ces mots à la bouche. Ils sont utilisés comme une incantation. Comme si c’était la solution à tous les problèmes de demain… Les premiers mois de débat autour de la réforme de la Pac laissaient croire que l’on allait vers à un certain consensus autour de cette question. Mais le vernis commence à craquer. Plus les débats avancent et plus on se rend compte que chacun en a une conception différente. Car dans la boîte à outils de gestion des risques, tout le monde ne veut pas utiliser les mêmes jeux de clés. De plus, certains veulent se limiter aux clés de 6 tandis que d’autres sont convaincus qu’il faut directement passer aux clés de 18. La première fracture porte sur le recours ou non à des dispositifs d’aides contracycliques, dont les montants varient en fonction du niveau des aléas. Un dispositif très éloigné de la Pac actuelle. C’est le think tank français Momagri qui prône une telle réorientation, considérant qu’il faut repartir d’une page blanche, alors que l’autre think tank, Farm Europe, plus influent à Bruxelles, n’y croit pas et considère que la politique budgétaire de l’UE n’est pas du tout adaptée à de fortes variations interannuelles des aides Pac. La FNSEA est plutôt sur la ligne de Farm Europe et considère que le paiement de base doit rester un élément essentiel demain. À leur congrès de Dunkerque, les JA ont marqué leur différence et renversé la table, en prônant un système de soutien basé sur un prix de marché de référence par production, inspiré de Momagri, et en acceptant une baisse des aides de base. Nous n’en sommes qu’au début des débats. Le sujet va monter crescendo jusqu’à la conférence nationale sur la Pac que Jacques Mézard a annoncée pour l’automne.
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