Après de nombreux mois d’un feuilleton à rebondissement, le sort de Lanson International semble désormais bel et bien scellé à celui de Boizel-Chanoine Champagne (BCC). Le 22 décembre dernier, la Caisse nationale des Caisses d’épargnes (CNCE), a donné son accord au projet de cession « qui s’inscrit dans le cadre d’une vente conjointe avec l’actionnaire majoritaire » selon son communiqué. BCC, qui était en négociations exclusives avec les actionnaires de Lanson depuis la mi-décembre, devra débourser autour de 120 millions d’euros, auxquels s’ajouterait la reprise des 410 millions de dettes. Si une porte de sortie se dessine enfin pour la CNCE et la famille Mora, les deux principaux actionnaires, les représentants du personnel n’en sont pas moins inquiets et déplorent un manque d’informations concrètes quant au projet de reprise.
Enfin l’épilogue ? Lanson International a un repreneur : Boizel-Chanoine Champagne (BCC). Le 22 décembre dernier, le conseil de surveillance de la Caisse nationale des Caisses d’épargne (CNCE), a « donné son accord au projet de cession au groupe BCC de (sa) participation de 44%. » Une opération « qui s’inscrit dans le cadre d’une vente conjointe avec l’actionnaire majoritaire », la famille Mora, qui détient 56% du capital de Lanson International, selon un communiqué diffusé par le groupe bancaire. « Le contrat d’acquisition devrait être signé en janvier » et la vente finalisée au premier trimestre, précise la CNCE. Selon diverses rumeurs qui ont filtré dans la presse économique, BCC, qui était en négociations exclusives avec les actionnaires de Lanson depuis la mi-décembre (1), devra débourser autour de 120 millions d’euros, auxquels s’ajouterait la reprise des 410 millions de dettes.
« Visibilité stratégique »
La CNCE, qui était entrée au capital de la maison de champagne en juillet 2004 va enfin pouvoir récupérer ses billes. L’Ecureuil avait alors déboursé 38 millions d’euros et accordé une ligne de crédit de 410 millions d’euros sur douze mois, avec extension jusqu’en 2009. « En tant que grand banquier régional, nous avions alors la volonté de ne pas laisser Lanson au bord du dépôt de bilan. Mais nous n’avons pas vocation à être un opérateur de champagne, ni un mécène ou un fonds d’investissement », explique-t-on à la CNCE pour justifier le désengagement du groupe. « Notre métier reste la banque, un business que cette prise de participation dans Lanson nous a permis de développer dans le monde du champagne », précise-t-on. Si le groupe souligne dans son communiqué qu’il compte bien poursuivre « sa politique de croissance » dans ce secteur, il ne devrait cependant conserver aucune participation. La CNCE semble faire confiance au nouveau repreneur, exprimant dans son communiqué sa volonté « de pouvoir adosser Lanson International à un actionnaire disposant de la capacité financière et industrielle à lui donner une visibilité stratégique ».
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Syndicats mécontents
Côté syndical, l’ambiance reste tendue. Les représentants du personnel, qui craignent que le rachat de Lanson par BCC se traduise par des suppressions de postes, déplorent un manque d’information quant aux modalités du projet de reprise. Le 3 janvier, à l’issue d’une réunion avec des représentants de leur direction, « force est de constater qu’aucun plan n’existe, sauf celui permettant aux banquiers et aux actionnaires historiques de sortir d’un guépier juridique et financier » ont déclaré dans un communiqué les élus des comités d’entreprise du groupe. « Une nouvelle réunion doit avoir lieu le 9 janvier, pour que nous donnions notre avis sur ce projet de reprise, mais rien de concret ne nous a été fourni », regrette Dominique Lemaire, secrétaire du comité d’entreprise de Champagne Lanson. « Nous n’avons vu ni business plan, ni données chiffrées, et nos questions ont clairement été mises de côté», poursuit-il. Les élus du personnel, qui étudieraient divers moyens juridiques de retarder la cession et pourraient en appeler aux pouvoirs publics, « souhaitent que du temps soit laissé au temps, que les hypothèses de sorties (…) soient remises à plat pour que la meilleure solution économique et sociale soit définie. »
Même si le fonds français d’investissement Butler Capital Partners a fait savoir qu’il était de nouveau candidat pour une reprise, le sort de la maison de champagne semble désormais définitivement scellé à celui de BCC.