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UE/compétitivité des IAA Bon accueil aux 30 recommandations du groupe de haut niveau

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Suite à une large consultation des parties prenantes, le groupe de haut niveau sur la compétitivité de l’industrie agroalimentaire européenne vient de formuler officiellement une trentaine de recommandations adressées aux décideurs politiques au niveau européen. Des recommandations qui sont globalement saluées par les représentants de l’industrie agroalimentaire européenne même si certains d’entre eux n’y ont pas retrouvé leurs petits.

Lancé en avril 2008, le groupe de haut niveau de l’UE sur la compétitivité de l’industrie agroalimentaire s’est mis d’accord à la fin mars 2009 sur une série de recommandations visant à accroître la compétitivité de la chaîne alimentaire en Europe. Ses recommandations portent sur un large éventail de domaines allant de la politique agricole commune au commerce et aux exportations en passant par les relations au sein de la chaîne alimentaire et le renforcement de la recherche et de l’innovation au sein des PME. Des recommandations qui à priori donnent satisfaction à l’ensemble de l’industrie agroalimentaire européenne hormis quelques exceptions. Ainsi la CIAA (Confédération des industries agroalimentaires de l’UE) se félicite que ses cinq grands points qu’elle a mis en avant (faciliter l’accès aux matières premières agricoles, améliorer l’accès aux marchés d’exportation pour les produits alimentaires et des boissons, soutien de la R & D et l’innovation, amélioration du cadre réglementaire de l’UE et amélioration du fonctionnement de la chaîne alimentaire) ont été retenus dans le catalogue des recommandations du groupe de haut niveau. Reste maintenant, disent ses représentants, à attendre des décideurs politiques européens « qu’ils traduisent ces recommandations en actions mesurables et qui apportent des améliorations tangibles au développement de l’industrie agroalimentaire européenne ». La CIAA se dit en tout cas « fermement engagée » à contribuer activement à cet exercice.

Amertume de Caobisco

Pour les représentants de Caobisco, l’association des industries de la chocolaterie, biscuiterie biscotterie et confiserie de l’UE, c’est un autre son de cloche. Durant les travaux du groupe de haut niveau, ils ont surtout mis l’accent sur le problème de la compétitivité à l’exportation pour les industries du secteur, compte tenu des prix des matières premières et plus particulièrement du sucre au sein du marché communautaire. Ils ont notamment plaidé pour une recommandation qui aurait traité des conséquences de la perte des restitutions à l’exportation sur le sucre (les derniers certificats expirant en mai 2009). Caobisco a pour cela proposé une ouverture du régime de « perfectionnement actif » (Inward processing relief) sous forme simplifiée pour que ses entreprises membres puissent s’approvisionner en sucre sans droits de douane et au prix mondial, pour leurs exportations sur le marché mondial. Au grand dam de Caobisco, ce point n’a pas été retenu par le Groupe de haut niveau car le lobby des chocolats et des confiseries avait en face de lui celui des sucriers européens qui s’est farouchement opposé à une telle recommandation. Amer, Caobisco, craint maintenant le pire et agite volontiers le spectre des délocalisations et des pertes d’emplois dans le secteur « alors que, selon son secrétaire général, David Zimmer, c’est justement cela que la Commission européenne veut éviter avec son agenda de Lisbonne ».

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Industrie agroalimentaire
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Les syndicats décrochent leur dialogue social

L’Effat (Fédération syndicale européenne pour les secteurs de l’agriculture, de l’alimentation et de l’hôtellerie), seul syndicat présent au sein du Groupe à haut niveau, salue le fait que la Commission européenne ait retenu dans ses recommandations la mise en place d’un dialogue social au sein de l’industrie agroalimentaire européenne. « Dans l’agriculture, nous avons un dialogue social qui fonctionne assez bien, mais pas encore dans le secteur alimentaire. Nous saluons donc le fait que le groupe à haut niveau ait retenu notre recommandation pour un dialogue social dans ce dernier », explique à Agra alimentation, Harald Wiedenhofer, le secrétaire général d’Effat. « Trop souvent, dit-il, la dimension sociale fait défaut » et, prenant l’exemple de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA), il constate que si celle-ci « prend soin de la santé des consommateurs et des aspects environnementaux, elle ignore en revanche les risques pour les travailleurs qui manipulent certains ingrédients entrant dans la composition des produits alimentaires ». Signalons à ce propos que la CIAA n’a pas souscrit à cette recommandation en raison du fait, dit-elle, « qu’elle n’a pas de mandat pour les questions sociales ». Même réserve pour Eurocommerce, le lobby du commerce de gros et de détail européen, qui se demande si une instance sectorielle de l’agro-industrie « constitue vraiment le lieu adéquat pour développer un dialogue social ».