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Coop de France pôle animal « Bon nombre de problèmes ont leurs réponses dans nos filières »

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Ambiance morose le 17 octobre pour la première assemblée générale de Coop de France pôle animal. La succession de crises sanitaires et économiques qui touche actuellement les productions animales a pesé lourdement sur le moral des participants. Malgré cela, les responsables de la section Bétail et viandes ont appelé les coopérateurs à se prendre en charge pour trouver eux-mêmes des réponses aux problèmes. Premier signe de la filière pour montrer sa capacité à s’entendre et résoudre une partie de ses problèmes : la création le 17 octobre d’une section aviculture dans le pôle animal de Coop de France.

«Je constate malheureusement que dans nos métiers, les choses vont de plus en plus mal », a constaté le 17 octobre, Jean-Michel Fritsch, le président de Coop de France Bétail et viandes, lors de l’assemblée générale du pôle animal de la confédération des coopératives agricoles. Pour sa première grande réunion depuis l’union réalisée il y a un an entre la FNCBV et le Syncopac, Coop de France pôle animal a dû faire face à une ambiance particulièrement morose chez les participants. La fièvre catarrhale (FCO), la hausse du prix des matières premières, les crises ovine et porcine inquiètent toujours fortement.

« Cataclysme sur le secteur de l’élevage »

« Il est urgent que le protocole européen soit mis en œuvre, mais il hors de question d’envisager une politique de retrait des jeunes bovins maigres, comme cela se murmure, si l’Italie ne nous achète plus assez de broutards. Nous souhaiterions plutôt un plan d’engraissement », a lancé Jean-Michel Fritsch à propos de la FCO. « Cela ne ferait qu’ouvrir la porte aux importations de viande d’outre-Atlantique », a renchéri de son côté Gilbert Herpe, président du pôle animal. « Il est nécessaire d’assouplir le délai de 7 jours maximum entre la prise de sang et le départ pour l’export », a par ailleurs demandé Jean-Michel Fritsch. Concernant la flambée des matières premières, il parle de « cataclysme sur le secteur de l’élevage ». « Si cette situation doit encore durer, bon nombre d’éleveurs ne s’en remettront pas », a-t-il ajouté. « La filière ovine nécessite une aide immédiate pour ne pas disparaître », souhaite par ailleurs Gilbert Herpe. « Il est impératif d’avoir un dispositif d’accompagnement de reconstitution du cheptel, comme il est tout aussi impératif d’accompagner la professionnalisation et l’adaptation des élevages pour enrayer cette hémorragie de baisse de production », a déclaré de son côté Jean-Michel Fritsch.

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Un « Livre blanc » pour la fin de l’année

Malgré la conjoncture, les responsables veulent rester optimistes et envisager des solutions pour l’avenir. « Bon nombre de problèmes ont leurs réponses dans nos filières », a souligné le président de Coop de France Bétail et viandes. « Tous les maillons doivent prendre leurs responsabilités. Je pense tout particulièrement aux industries de la charcuterie et à la distribution. Avec un peu de civisme et de bonne volonté de la part de chacun, les éleveurs pourraient voir le bout du tunnel. Il faut revenir dans les niveaux de prix d’avant la réforme de la Pac de 1992, c’est dans le domaine du possible sans appauvrir le consommateur », a-t-il déclaré en tribune. La section Bétail et viandes promet d’ailleurs pour la fin de l’année un « Livre blanc » de propositions « pour construire des filières compétitives et durables ».

Création d’une section aviculture

Preuve également de la bonne volonté de la coopération animale à vouloir se prendre en charge et résoudre une partie de ses problèmes : la création le 17 octobre d’une section aviculture dans le pôle animal de Coop de France, montrant la capacité de ce secteur à s’entendre avant une possible création d’interprofession. « L’objectif de cette création est bien de fédérer les organisations existantes en créant un lieu d’échange afin d’exprimer des positions communes dans un esprit de filière », a expliqué Gilbert Herpe. Jean-Yves Ménard, administrateur de Terrena, devrait être élu président de cette section. Mais « d’autres réponses sont du ressort des pouvoirs publics sur les charges, le coût du social, la sécurité sanitaire et les évolutions réglementaires », estime Jean-Michel Fritsch. « Il est indispensable de créer des outils de gestion de crises et de les doter de moyens suffisants pour gérer ces risques non assurables », a-t-il ajouté. La filière attend par ailleurs beaucoup de la réforme de la loi Galland qui régit les relations entre producteurs, industriels et distributeurs. Le gouvernement a promis un nouveau texte avant la fin de l’année. D’ici là, la filière animale devra patienter ou tenter toute seule de faire passer à la distribution ses hausses de coûts de production.