Dans un contexte de marché peu dynamique et des conditions climatiques très défavorables, Bonduelle a annoncé des résultats semestriels pour son exercice 2016/2017 (clos le 30 juin) conformes aux attentes. Le chiffre d’affaires s’inscrit à 1,025 milliard d’euros, en hausse de 1,4 % (+1,9 % à change et périmètre constant). Négatif de 5,5 millions d’euros, l’impact de change (le rouble essentiellement), prive le groupe d’un demi-point de croissance sur les six premiers mois de l’exercice en cours. À noter que depuis quatre ans, l’effet devises a pesé pour plus de 150 millions d’euros. Mais la situation pourrait cependant s’inverser, Grégory Sanson, le directeur financier du groupe, n’excluant pas "à ce stade d’avoir sur le second semestre un effet favorable de change ". Sans grand changement par rapport à la tendance observée dernièrement, l’activité continue d’être tirée par la zone Hors Europe, qui affiche une croissance de 5,3 % (+6,6 % en comparables), "avec une très belle dynamique en Amérique du Nord" précise le dirigeant, alors qu’elle est quasi stable en Europe (-0,9 %). À noter que sur ce semestre, la répartition des ventes s’équilibre à 30 % en France, 31 % en Europe, hors de France et pour le reste, soit 39 %, hors de l’Europe.
La Russie, un marché toujours difficile
En dépit d’une conjoncture morose, l’analyse par segment d’activité montre néanmoins des signes encourageants en Europe, notamment dans la conserve et les surgelés, où Bonduelle continue d’améliorer ses parts de marchés à marque sur ses principaux marchés. Des performances soutenues par les innovations et "une reprise en main sur la RHF", où le groupe indique retrouver des volumes. Le frais, à l’inverse est un peu moins porteur sur le semestre compte tenu notamment de conditions de production très difficiles liées aux inondations en Espagne en fin de période, ce qui n’empêche pas la poursuite des innovations, avec le lancement par exemple de burgers végétaux bio en Italie.
Hors zone Europe, les effets de la crise russe démarrée en juin 2014 se font encore sentir, la reprise macroéconomique ne se traduisant pas vraiment par une reprise de la consommation. Le groupe dont les prix des produits à marque Bonduelle sont près de deux fois plus élevés dans ce pays que les MDD, maintient ses parts de marchés, autour de 40 % en comptant sa marque Globus et les marques distributeurs.
En Amérique du Nord, Bonduelle continue d’enregistrer une poursuite de la croissance, particulièrement au Canada, sous l’effet notamment du développement des contrats de sous-traitance avec B & G Foods, l’acquéreur de Green Giant, pour qui Bonduelle travaillait auparavant.
À noter qu’au global, les ventes à marques (Bonduelle, Cassegrain, Arctic Gardens et Globus) dans le groupe représentent sur ce semestre 50 % de son activité, contre 42 % pour les MDD et 8 % pour d’autres activités.
Résistance de la rentabilité
Le résultat opérationnel courant baisse quant à lui de 4,8 % à 61 millions d’euros, soit une marge opérationnelle courante de 5,9 %, contre 6,3 % au premier semestre 2015/2016. Une contre-performance que le groupe explique par "les surcoûts liés aux difficiles campagnes agricoles de l’été 2016 en France, en Russie et aux Etats-Unis, pour partie enregistrés sur le premier semestre, et la baisse d’activité en Russie dont les marges ont néanmoins été préservées". Grégory Sanson qui parle d'"une belle résistance de la rentabilité", estime les effets de la météo avec les inondations en Espagne en décembre 2016 et la neige en Italie en début d’année, "à 8 millions d’euros sur l’ensemble de l’exercice". Un chiffre que confirme ceux précédemment avancés par le groupe.
Compte tenu d’une baisse du coût de la dette de près d’un tiers sur le semestre et donc de la charge financière également, le résultat net, malgré la baisse de la rentabilité, est stable à 36,5 millions d’euros, et la marge nette également à 3,6 %.
Côté bilan, la dette nette au 31 décembre 2016, "une période habituelle de pic d’endettement compte tenu de la saisonnalité de l’activité", explique le directeur financier, baisse de 84 millions d’euros sur un an, à 584,2 millions d’euros, en dessous du niveau des fonds propres. Le gearing (dette nette sur fonds propres) tombe ainsi à 0,96, contre 1,26 un an auparavant et 1,61 au 31 décembre 2012, après les dernières acquisitions, notamment Allens aux USA.
Ce premier semestre permet à Bonduelle de confirmer ses objectifs pour l’ensemble de l’exercice en cours dans le haut de la fourchette. À taux de change et périmètre constants, c’est-à-dire hors l’acquisition de Ready Pac, le groupe vise une rentabilité opérationnelle stable à 98 millions d’euros pour un chiffre d’affaires compris entre 2,01 et 2,025 milliards d’euros (+2 à 3 %). Avec Ready Pac, les ventes 2016/2017 pro forma estimées atteindraient 2,8 milliards d’euros et le résultat opérationnel courant (ROC), toujours pro forma estimé, 125 millions. Dans le cadre de son plan VegeGo à l’horizon 2025, Bonduelle s’est fixé un objectif de chiffre d’affaires de 3,5 milliards et 250 millions de ROC.