Le groupe Bonduelle, dont l’activité de légumes de conserve représente 49 % de l’activité globale, « n’est pas prêt de délocaliser brutalement ses productions », a indiqué son directeur général, Pierre Deloffre, lors d’une conférence de presse le 29 mars.
« Un groupe comme le nôtre ne peut pas déplacer tout d’un coup 10% de sa production», a expliqué Pierre Deloffre. Ce qui est revanche en train de se faire, ce sont des diversifications progressives vers de nouvelles productions, comme le concentré de tomates de Chine et l’olive du pourtour méditerranéen pour le marché russe.
La compétition entre productions alimentaires et non alimentaires est déjà visible
Mais surtout, Bonduelle perçoit déjà les effets sur les prix de la compétition entre productions alimentaires et non alimentaires. Ce phénomène est généralisé dans le monde, selon Christophe Bonduelle, p. -d. g. du groupe, du fait de la demande des industries de biocarburants. Ceci amène l’industriel à « rechercher plus qu’auparavant les approvisionnements en matières premières» à prix plus bas, depuis l’est de l’UE et le Canada notamment.
La nouvelle donne aujourd’hui, c’est qu’un agriculteur « vous dit qu’il a maintenant le choix entre cultiver du petit pois et du blé-éthanol », a témoigné M. Deloffre. Il a ajouté que l’usine d’éthanol de maïs du sud-ouest de la France consommera autant de maïs qu’en produit la France en maïs doux.
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Les prix des contrats entre agriculteurs et industriels de légumes pour l’industrie de conserverie et surgélation en Belgique (de loin le premier pays producteur européen dans ce domaine) ont augmenté de 10 % durant cette campagne. M. Deloffre a estimé le surcoût des légumes en provenance de France et de Pologne à deux à trois millions d’euros.
Un surcoût que Bonduelle absorbera grâce à l’impact de ses investissements importants en marketing, surtout dans la partie est de l’UE et en Russie. « Nos dépenses de marketing sont plus importants que nos investissements industriels », a précisé M. Bonduelle.