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Légumes/Résultats Bonduelle redresse la barre grâce aux pays de l’Est

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Le groupe Bonduelle (légumes frais, surgelés et en conserves) enregistre pour l’exercice 04/05 un chiffre d’affaires de 1 426 milions d’euros, en progression de 2,3 %. Si ces résultats restent conformes aux prévisions, c’est principalement grâce au dynamisme des marchés de l’Europe centrale et orientale. Une restructuration de ses sites de production a également permis d’entamer le redressement de l’allemand Vita. En Europe de l’Ouest, seul le marché du frais reste dynamique, dopé par les innovations et les campagnes publicitaires.

Bonduelle reste dans les clous et regarde vers l’Est. Avec un chiffre d’affaires de 1 426 millions d’euros pour l’exercice 2004-2005 (clos au 30 juin), en progression de 2,3 % par rapport à l’exercice précédent, le groupe nordiste de légumes frais, surgelés et en conserves réussit à confirmer ses prévisions et à redresser sa situation. Après un premier semestre en évolution négative de 1,9 % à périmètre et changes constants, le groupe stabilise son activité sur l’année. Sa performance reste modeste, atteignant seulement + 0,3 % à périmètre et à taux de changes constants. Le contexte économique « difficile », comme l’explique le groupe, fait reculer son résultat d’exploitation de 4,5 %, qui passe de 73,4 millions à 70 millions d’euros. Le groupe subit la baisse de la grande consommation et le climat ambiant morose dans l’Hexagone, où il réalise aujourd’hui 47,3 % de son chiffre d’affaires. Sa rentabilité passe ainsi de 5,3 à 4,9 %. « En un an, les volumes vendus en France ont stagné, et les prix ont diminué dans le même temps de 2,6 %. La pression promotionnelle est très forte,expliquait le 5 octobre, devant la presse, Christophe Bonduelle, président du directoire du groupe. Le marché est déprimé, à l’exception de l’Europe de l’Est où notre activité progresse fortement ».

Les marchés de l’Est très dynamiques

Avec une rentabilité presque trois fois supérieure à celle de la zone Euro, les pays « hors Euroland » ont largement contribué à redresser la barre. Les marchés de l’Europe orientale et les Balkans, très dynamiques, affichent une croissance par an de 15 % en volume (27 % à taux de changes constants) et possèdent un fort potentiel de développement. La majorité de ces marchés reste très peu diversifiée. Très courte, la gamme Bonduelle y est pour l’instant centrée sur des produits de base. Dans les pays russophones, « le capital-marque est considérable » et le groupe compte bien l’utiliser pour développer « l’offre-marque ». Ainsi, en fonction des pays, de nouveaux produits devraient progressivement être proposés pour étoffer l’offre et pour, notamment en Russie, « devenir l’acteur majeur du développement du surgelé ».

Pour s’adapter à l’évolution des marchés, la marque opère une réorganisation de ses sites de production. L’usine de Krasnodar en Russie devrait voir ses capacités augmenter, tout comme le site polonais de production de surgelés. Cet effort de restructuration se traduit également par une réorganisation des usines de production de l’allemand Vita, racheté il y a maintenant dix-huit mois. Le site de Wanzleben va être fermé et l’activité des usines de Straelen et Reutlingen concentrée. Sur le marché allemand de détail où les produits bas de gamme prédominent, Bonduelle va pouvoir proposer des produits qualitatifs et développer une stratégie d’innovation. Au total, le groupe envisage pour le prochain exercice un plan d’investissement de 61 millions, dont 10 millions dans des renouvellements d’équipements.

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Le marché du frais en développement dans l’Euroland

En Europe occidentale, sur des marchés arrivés à maturation, la dynamique est à chercher du côté des produits frais. Alors que les ventes de conserves de légumes, déjà en baisse au cours de l’exercice précédent, ne représentent dorénavant plus que 48,3 % de ses ventes totales, les légumes frais élaborés – salades vertes et salades traiteur – deviennent pour la première fois dans l’histoire de l’entreprise sa deuxième activité, avec une croissance en progression de 17,7% qui représente 27,5 % de son chiffre d’affaires. Sur ce segment, Bonduelle relance le marché à coup de produits innovants et à grand renfort de campagnes publicitaires. « On observe des variations de performances dès que l’on anime ce marché», remarque Pierre Deloffre, directeur général du groupe. Mais innovations et communication pèsent lourd dans le budget de l’entreprise : 50 % des investissements sont aujourd’hui consacrés à la « recherche et développement », et le poste communication, en hausse de 33 % sur deux ans atteint 36,2 millions d’euros. En France, des gammes de « snacking » vont bientôt être lancées pour « s’adapter aux nouvelles habitudes de consommation ». La gamme de produits de base est également enrichie de produits plus élaborés, dans le surgelé comme dans le frais.

Une première depuis huit ans et son introduction en Bourse, Bonduelle n’a annoncé cette année aucune prévision pour le prochain exercice, en « raison des incertitudes fortes, à court terme, qui pèsent sur les marchés ». Selon Christophe Bonduelle, les hausses du prix des matières premières, la mauvaise santé de la consommation et la réforme de la loi Galland amèneraient à « donner des chiffres qui ne seraient plus une fourchette d’estimation, mais une fourche !».