Abonné

Légumes/Résultats Bonduelle reporte ses espoirs sur 2011-2012

- - 6 min

Le groupe Bonduelle a publié, comme prévu, un bénéfice net en baisse de 38,5% à 15,5 millions d’euros pour le premier semestre de son exercice 2010-2011, mais il revoit à la hausse son objectif annuel de résultat opérationnel courant. Les restructurations en cours réduiront néanmoins la rentabilité à court terme ; c’est sur l’exercice suivant que l’éclaircie est attendue grâce à la reprise déjà sensible des principaux marchés du groupe.

Bonduelle, leader de la transformation de légumes, accuse le coup cette année : comme prévu, son bénéfice net du premier semestre de l’exercice en cours est en baisse marquée, de 38,5 % à 15,5 millions d’euros alors même que son chiffre d’affaires a été gonflé par l’intégration de France Champignon. Lors de la publication des résultats annuels début octobre (1), le p.-d.g. du groupe, Christophe Bonduelle, avait annoncé que l’exercice actuel (clos fin juin 2011) serait « difficile » et de fait, « conformément aux prévisions annoncées », le résultat net a reculé de 38,5%, en raison notamment de baisses de prix liées aux stocks historiquement élevés (de 2009), d’une pression conjoncturelle « très forte » sur les prix de ventes aux marques de distributeurs (MDD) ou encore de la hausse du coût de production du fait de mauvaises conditions météorologiques.
Néanmoins, pour l’ensemble de l’exercice, le groupe pense faire mieux compte tenu « de la reprise de la consommation en Europe orientale », de l’accueil « favorable » fait à ses innovations et de ses mesures d’économies, et il révise à la hausse son objectif de rentabilité opérationnelle courante, estimée à « 78-81 millions d’euros » contre « 73-79 millions annoncés début octobre ». Une maigre consolation mais qui traduit les espoirs que le groupe peut nourrir raisonnablement pour l’exercice 2011-2012.
Il reste que les coûts estimés pour la fermeture de l’usine belge de Westmeerbeek, annoncée mi-février (2), et les réorganisations et restructurations en France (liées notamment à la reprise de France Champignon), ramèneraient la rentabilité opérationnelle de l’exercice en cours entre 67-70 millions d’euros contre les 70-75 millions qui avaient été évoqués en octobre.

Des prix encore très bataillés
En fait, le second semestre sera particulièrement affecté en termes de chiffre d’affaires ainsi que de rentabilité par les baisses de prix prévues sur les marchés de marques de distributeurs en Europe et en Amérique du Nord, prévient le groupe qui réalise 43 % de ses volumes en MDD. Les négociations pour les marques de distributeurs interviennent à la fin du printemps vers « juin-juillet » pour une application à partir de septembre, ce qui explique, selon Christophe Bonduelle, que l’exercice « sera impacté sur 9 mois par les baisses de prix ». En revanche, des « hausses de tarifs de l’ordre de 8,5 % avant remises arrière ont été passées pour les marques nationales », lors des renégociations de contrats qui s’achevaient fin février.

Une rentabilité contrariée
Au premier semestre, le résultat opérationnel courant a baissé de 24% à 39,8 millions d’euros, limitant la marge à 4,5%, contre 6,9% un an plus tôt. Trois facteurs ont joué : des campagnes de récolte très difficiles, provoquant déjà des surcoûts et peut-être des ruptures d’approvisionnement dans certaines gammes ce printemps ; une baisse des prix en MDD pour écouler des surstocks ; et une revalorisation du dollar canadien qui a nui à la rentabilité des ventes en dollar américain et accentué la compétition sur les marchés nord-américains.
C’est, à vrai dire, surtout en Europe que Bonduelle a vu sa marge tomber (à 1,5 % contre 4,2% il y a un an), alors que la rentabilité de la plupart des activités hors Europe est restée solide avec une marge de 12,1 %. Et cette détérioration de la rentabilité, préviennent les dirigeants, s’accentuera au second semestre. De plus, des charges de restructuration à hauteur de 4,8 M EUR ont pesé sur la marge opérationnelle qui s’établit pour le semestre à 35,1 M contre 49,9 M un an plus tôt.
Quant aux investissements, ils demeurent conséquents avec un montant prévu sur l’ensemble de l’exercice de 75 M EUR (91 M en 2009/10).
Pour rappel, le chiffre d’affaires semestriel du groupe, publié en février (3), a progressé de 16,4% à 884,6 millions d’euros grâce à l’acquisition de France Champignon (+1,6% à taux de change et à périmètre constants) et pour l’ensemble de l’exercice, Bonduelle table maintenant sur un chiffre d’affaires de 1,72 milliard d’euros contre 1,7 milliard prévu précédemment.

Conserve : succès de la gamme « vapeur »
Première activité du groupe, les légumes en conserve ont enregistré un chiffre d’affaires pour le premier semestre de 482 millions d’euros, en hausse de 25,6% du fait surtout de l’intégration de France Champignon (+6,5% à taux de change et périmètre constants).
Les légumes en conserve à marques Bonduelle et surtout Cassegrain ont bénéficié d’une croissance soutenue et ont permis le maintien de leurs parts de marché et un renforcement du leadership en France ; de plus la gamme « Bonduelle vapeur » qui s’est étendue à de nouveaux produits et aux boîtages 4/4, sera développée désormais aussi en Italie et aux Pays-Bas, a annoncé Daniel Vielfaure, le nouveau directeur général du groupe. Mais les légumes en conserve à marques de distributeurs, positifs en volume, ont vu leur prix baisser, comme prévu, au deuxième trimestre.
Les légumes surgelés (220,8 M EUR) sont restés négatifs (-8,6 % à périmètre et changes constants) à cause du marché espagnol et des transferts de volumes vers Gelagri (JV créée en 2009 avec Triskalia sur le marché MDD). Le marché hors domicile, en revanche, a confirmé sa reprise.

Frais : vive reprise
Les légumes frais élaborés (181,8 M EUR, +4,4 % à périmètre et changes constants) bénéficient d’une vive reprise des volumes dans les quatre pays servis (France, Belgique, Italie, Allemagne) mais contrariée par les baisses de prix et la météo de décembre dernier. Désormais, espèrent toutefois les dirigeants de Bonduelle, la pression des premiers prix et des MDD pourrait s’estomper du fait du regroupement des deux opérateurs Martinet et la Belle Henriette.

(1) Cf Agra alimentation n° 2124 du 07.10.2010 p.18
(2) Cf Agra alimentation n° 2143/44 du 17.02.2011 p. 25
(3) Cf Agra alimentation n° 2142 du 10.02.2011 p.22

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.