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Légumes-conserves/Résultats Bonduelle tire les bénéfices de sa diversification géographique

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Le groupe nordiste, spécialiste du légume, a révélé mardi ses excellents résultats pour 2011/2012. Une performance rendue possible grâce à la contribution des activités hors Europe.

Le groupe Bonduelle a publié le 2 octobre ses résultats pour l’exercice 2011/2012, clôturé le 30 juin dernier. Résultats qualifiés de « beaucoup mieux que l’année dernière » par Christophe Bonduelle, président-directeur général. En effet, le chiffre d’affaires montre une progression de 2,4% par rapport à la période précédente, à 1767 millions d’euros. À périmètre et taux de change constants, cette croissance atteint même 3,2%. Une excellente performance dans un environnement économique morose qui sous-tend des réalités différentes par zones géographiques. La zone Europe connaît des succès contrastés avec un retrait de l’activité de 1,4% (même si le chiffre à périmètre constant est de +1,3%). Le groupe annonce que toutes les technologies (frais, surgelé, conserve) se sont inscrites en progression, à périmètre constant, sur l’exercice. Dans l’ensemble, la conserve (+4,9%) a tiré la croissance interne grâce notamment à des innovations comme les légumes vapeur, et au passage réussi de la marque centenaire Royal Champignon à la marque Bonduelle, qui a stimulé les ventes de 3% en France sur un marché jusqu’alors baissier. « Le champignon est bien un légume, et nous sommes de fait totalement légitimes sur ce produit », a indiqué Christophe Bonduelle, qui vient d’ailleurs d’étoffer son offre en lançant ce mois-ci quatre références de champignons cuisinés en conserve à la marque Cassegrain. Le surgelé (+1,7%) a souffert de la cession de l’espagnol Frudesa en avril 2011, et le frais (+0,8%) a pâti de la météo en fin d’exercice. La branche traiteur semble concentrer les préoccupations. « Le traiteur est encore plus négatif en valeur qu’en volume, il y a un problème de surcapacité du marché lié à la stabilisation des ventes et à l’augmentation des capacités de production de certains acteurs du secteur. Avec notamment le rachat de la Belle Henriette par Martinet, et bien que Stalaven soit en train de fermer une usine, il va falloir prendre des décisions dans ce secteur », s’est inquiété le p.-d.g. du groupe.
 
La zone hors Europe affiche une belle rentabilité
Les ventes de la zone hors Europe, qui représentent environ 30% du chiffre d’affaires, ont continué leur très remarquable progression à +13,9% (+8,9% à périmètre et taux de change constants), et affichent une rentabilité trois fois supérieure à celle de la zone Europe. Des chiffres qui valident tous la stratégie de diversification géographique du groupe : au Brésil avec une première usine inaugurée fin 2010, au Canada avec Aliment Carrière depuis 2007, en Russie avec l’usine de Krasnodar depuis 2004 et la reprise des actifs agro-industriels de la coopérative Cecab début 2012 et enfin aux Etats-Unis avec l’acquisition en mars des quatre usines de légumes surgelés du groupe Allens pour 15 millions d’euros.
Le résultat opérationnel courant s’inscrit à 100,9 millions d’euros, en progression de 25% par rapport à la période précédente. Après donc un exercice 2010/2011 très difficile, qui avait vu le résultat opérationnel fondre de 104,5 à 80,7 millions d’euros, le groupe renoue, conformément aux prévisions, avec des résultats en ligne avec ses performances historiques. Ce rétablissement s’explique notamment par une évolution en volume positive en Europe, une progression en valeur en Amérique du Nord, un relèvement des prix de vente suite aux baisses concédées aux clients en 2010/2011 et à un renforcement des investissements marketing, +50% en Russie, par exemple. Le résultat net part du groupe s’élève à 46,7 millions d’euros (versus 30,4 pour l’exercice 2010/2011 et à comparer à 58,3 pour l’exercice 2009/2010). Cette progression de 53,6% par rapport à l’année précédente s’explique à la fois par l’amélioration du résultat opérationnel courant (voir ci-dessus) et par une diminution très significative des charges non récurrentes (de 11,7 millions d’euros à 2,8 sur l’exercice), contrebalancés par une augmentation de la charge financière et de la charge d’impôt.
 
Une structure financière solide
Suite aux acquisitions de l’exercice, le ratio d’endettement du groupe (dette nette sur capitaux propres) a grimpé à 120,8%, contre 101,6% pour l’exercice précédent, mais Bonduelle explique avoir renforcé sa structure financière à travers plusieurs opérations de refinancement, dont une émission obligataire, sous forme de placement privé, de 145 millions d’euros. Christophe Bonduelle considère donc que « le groupe est dans une situation financière solide et sécurisée ». Il prévoit pour 2012/2013 une progression d’environ 8% de ses ventes, assortie d’un résultat opérationnel compris entre 105 et 110 millions d’euros, soit une progression de 5 à 10%.

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