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STRATÉGIE/LÉGUMES TRANSFORMÉS Bonduelle veut accélérer sur le frais en Allemagne

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Bonduelle, qui investit 8 millions d'euros sur le site de Straelen, veut accélérer son développement sur la salade en sachet à marque en Allemagne. Mais pas seulement. Le groupe lorgne aussi le marché des bols, un segment en forte croissance qui n'existe qu'en Allemagne et sur lequel il n'est pas encore présent. Ces initiatives, ainsi que le lancement d'une salade roborative en France, suffiront-elles à ce que le frais retrouve de la croissance ?

LE frais (20 % des ventes) est à la peine chez Bonduelle ces derniers temps (-1,7 % à taux de change et périmètre constant sur 2012/2013 et – 1,7 % au premier semestre de l'exercice en cours). Le groupe n'en investit pas moins sur ce segment qu'il considère comme porteur de croissance. « La salade en sachet progresse de 5 % par an en Europe et la salade traiteur de 6 % », a ainsi affirmé Christophe Bonduelle le 26 mars à l'occasion d'un point presse.

RENFORCER LA MARQUE SUR LA SALADE EN SACHET

C'est en Allemagne, plus petit marché de la salade en sachet où il est présent, que le groupe est aussi le plus fort avec 38 % de part de marché fabricant en valeur, contre 29 % en France et 28 % en Italie). Mais dans un marché dominé par les MDD (le hard discount pèse plus de 40 % de la grande distribution), la part de marché de la marque Bonduelle n'est que de 10 % en volume, une performance que le groupe veut améliorer. L'usine de Straelen, mise en service en 2003 et spécialisée sur les produits à marque (la MDD et l'offre pour la RHF sont produits à Reutlingen, site acquis avec Vita en 2003) bénéficie ainsi d'un investissement de 8 millions d'euros pour augmenter sa capacité de 35 à 50 millions de sachets de salades. Après le stockage et l'expédition (6 millions d'euros), c'est la partie réception des matières premières qui est en cours d'agrandissement (2 millions d'euros).

Le groupe veut également se développer sur un format à cheval entre la quatrième gamme et la salade traiteur, qui n'existe qu'en Allemagne. Ces bols (salade, agrémentée de quelques ingrédients à part) pèsent 20 000 tonnes, presque autant que la salade en sachet, et ont progressé de 28 % en 2013. La fabrication est pour l'heure sous-traitée.

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L'ATOUT D'UNE MARQUE PERÇUE COMME ALLEMANDE

Bonduelle peut compter sur sa notoriété outre-Rhin. L'Allemagne a été son premier pays à l'export et bon nombre de consommateurs pensent que la marque est allemande, grâce notamment à une saga publicitaire très connue. Sur le marché de la conserve, dominé par les MDD et le hard discount, avec une part de marché cumulée de plus de 60 %, Bonduelle affiche une part de marché de 22 %, en progression de plus de 20 % sur la période 2006-2013. L'Allemagne, qui a longtemps pesé un quart des ventes de Bonduelle, reste un pays important. Elle pèse 11 % des 1,9 milliard d'euros de chiffre d'affaires du groupe derrière la France (33 %) et l'Amérique du Nord (22 %).

L'ITALIE EN CRISE

Pour accélérer sur le frais, Bonduelle devra aussi redresser la barre en Italie. Le marché italien, premier en volume pour la salade en sachet (100 000 t contre 81 000 tonnes en France et 22 000 tonnes en Allemagne) est très affecté par la crise. « Le marché de la quatrième gamme a reculé de 9 % en 2013 mais la marque Bonduelle n'a perdu que 3,3 % », se félicite toutefois Pascal Bredeloux, directeur général de Bonduelle Fresh Europe.

RECOMPOSITION DU MARCHÉ DU TRAITEUR EN FRANCE AVEC LA PERCÉE DE SODEBO

Pour rappel, Bonduelle attaque par ailleurs le marché des salades roboratives avec un plateau repas (dessert Bonne Maman ou Andros inclus) à moins de 5 euros en France. « Nous comptons capter 4 à 5 millions d'euros de chiffre d'affaires avec ce produit, soit 20 % du marché », annonce Pascal Bredeloux. Si le concept fonctionne, il sera décliné en Allemagne et en Italie.