Abonné

Produits laitiers/Résultats Bongrain en quête de rentabilité

- - 5 min

Affecté par un environnement structurel – réforme de la Pac, réforme de la loi Galland…– comme conjoncturel – crise de la filière veau…–, le résultat net de Bongrain accuse un recul de 23,6 %, à 62,8 millions d’euros. Son chiffre d’affaires, quant à lui, progresse de 1,4 %, à 3,35 milliards d’euros. Pour retrouver davantage de rentabilité, le groupe fromager met en place un plan d’économies sur 3 ans qui de 2007 à 2010 devrait notamment lui permettre d’économiser au moins 10 à 15 millions d’euros sur son poste achats – hors matières premières, le prix du lait étant fixé par des négociations particulières. Pour garder la tête hors de l’eau, Bongrain mise également sur les produits à forte valeur ajoutée.

Année difficile », 2005 n’aura pas été très rose pour Bongrain. Le groupe fromager a dû faire face à « un environnement en mutation», et à diverses déconvenues conjoncturelles, comme le décrit Alex Bongrain, p.-d.g. du groupe. Au final, le résultat net de la société dévisse : - 23,6 %, à 62,8 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 3,35 milliards d’euros, en progression, lui, de 1,4 %, pour une croissance organique de 0,7 %. La société a malgré tout réussi à redresser la barre au cours du second semestre de son exercice, puisque ses premiers résultats semestriels voyaient son bénéfice net accuser un recul de 48,3 %.

Un groupe malmené par les réformes

« La réforme laborieuse de la Pac fut une source de perturbations, explique Alex Bongrain. On est passé d’un système fortement soutenu à un système qui ne l’est plus». « La baisse du prix du lait n’a pas compensé la baisse forte et rapide des subventions et des aides», précise Alain de Paillerets, directeur général délégué du groupe. Du côté de son activité « produits fromagers » (64,6% de son chiffre d’affaires), la mise en place de la nouvelle loi Jacob/Dutreil et la bataille des prix n’ont pas arrangé les choses. « Le milieu de gamme, type Cœur de Lion, a beaucoup souffert, indique le dirigeant. Seuls le haut de gamme et les premiers prix s’en sortent». Egalement « douloureuse cette année », son activité de « veaux de boucherie » a subi de plein fouet la crise de la filière. Bongrain procède en effet à de l’élevage de jeune veau jusqu’à 5 mois, jusqu’alors « activité rentable qui permet d’absorber les surplus de poudre de lait » mais « située sur un marché très volatile ».

Un plan d’économie sur trois ans

En réponse, le groupe de Viroflay annonce un programme de réduction des coûts sur 3 ans. Principal volet, le pôle achat devrait enregistrer à partir de 2007 « au moins 10 à 15 millions d’euros d’économies par an –hors matières premières, le prix du lait étant fixé par des négociations particulières,indique François Wolfovski, autre directeur général délégué. Il s’agit notamment de consolider nos achats auprès de nos fournisseurs ». Bongrain compte également rationaliser sa logistique et accroître la productivité de son parc industriel. Un plan « significatif, qui concerne tous nos sites à travers le monde », mais qui reste « un réajustement de périmètre plus qu’une restructuration de nos moyens », prévient le dirigeant.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Produits différenciés

Toujours en vue d’accroître ses marges, le cinquième groupe fromager mondial se focalise logiquement vers le développement de produits à forte valeur ajoutée. Protéines laitières, mise en œuvre de son savoir-faire dans le B to B, ou encore innovations grand public, autant d’axes-clés choisis pour tirer les taux de rentabilité vers le haut. Ses dirigeants s’attendent d’ailleurs à un effet favorable de la loi Jacob/Dutreil au profit des marques. Côté grand public, il s’agit donc de jouer sur des fromages différenciés positionnés sur l’axe « bien-être/nutrition » et sur les nouveaux formats (tranché, crème…). La société, qui entend notamment développer sa présence chez les hard-discounters, mise également sur le marché des PAI avec sa marque de crème fraîche Elle & Vire Pro.

« S’appuyer sur des marques fortes et poursuivre l’internationalisation »

Pour 2006, la société reste prudente, et – réputation oblige – très discrète sur ses objectifs de croissance et d’investissement. Tout au plus François Wolfovski, indique-t-il du bout des lèvres « qu’une croissance de plus de 1% du chiffre d’affaires comme en 2004/2005 » est envisagée. « S’appuyer sur des marques fortes et poursuivre l’internationalisation », demeure un leïtmotiv. Bongrain, qui ne réalise plus que 38,1 % de son activité dans l’Hexagone, entend notamment imposer progressivement un portefeuille diversifié de produits dans un pays « stratégique » : la Chine.