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Produits laitiers Bongrain mise sur l’équilibre de ses implantations mondiales

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Le groupe Bongrain a bien résisté en 2003 dans un environnement difficile, font valoir ses dirigeants. Ils comptent que la marge d’exploitation, restée stable l’an passé, renoue avec la croissance en 2004.

En 2003, en dépit d’un environnement difficile, le groupe Bongrain a réalisé une « performance satisfaisante », grâce à sa stratégie de diversification et d’internationalisation, ont souligné ses dirigeants lors de la présentation des résultats le 16 mars. La marge d’exploitation s’est peu ou prou maintenue à 3,43 % après avoir atteint 3,57 % précédemment. De même, pour les produits fromagers, qui représentent 60 % du chiffre d’affaires et 74 % du résultat d’exploitation, elle s’est légèrement repliée (4,3 % contre 4,4 %), en raison de difficultés rencontrées par la marque Cœur de Lion. Le résultat net du groupe s’améliore de 3,8 % à 76,1 millions d’euros, et de 6,2 % pour la part du groupe à 65,2 millions.

Le chiffre d’affaires consolidé a progressé de 1,5 % pour dépasser 4 milliards d’euros. Si la croissance organique ressort à 0,8 %, l’évolution du périmètre a contribué à hauteur de 4,2 % à l’augmentation du chiffre d’affaires, avec l’intégration sur douze mois de quatre entreprises en Europe centrale et orientale. L’effet de change a été négatif de 3,3 %. Plus de la moitié des ventes sont désormais réalisées hors de France, contre 49 % un an plus tôt. Pour autant, l’Hexagone demeure le premier marché du groupe, devant les Etats-Unis, l’Allemagne et l’Espagne.

Des ressources financières à long terme

En 2003, Bongrain a continué de se renforcer hors de France. Outre-Rhin précisément, il a signé le rachat à Unilever de ses fromages Bresso (pâtes molles et produits frais) et Milkana (fondus), et de leur performant outil bavarois. Le groupe peut se targuer de détenir désormais dans son portefeuille trois des cinq premières marques de fromages en Allemagne, et d’occuper la première place en valeur sur le marché. En Espagne, où la consommation a été très dynamique l’an passé, il a acquis Angulo, qui lui permet d’accroître ses positions dans les fromages frais et traditionnels.

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Pour ces acquisitions, le groupe a mobilisé 159,1 millions d’euros, auxquels sont venus s’additionner 120,6 millions d’investissements industriels, dont 8,5 millions ont été consacrés aux sociétés intégrées ou acquises en 2003. Bongrain s’est notamment doté au Japon, en partenariat avec Kyodo Milk Industry, d’une première unité de production spécialisée dans les pâtes fraîches. Il a aussi créé de nouveaux ateliers de fabrication de fromages fondus en République tchèque et en Ukraine. Le groupe n’entend pas s’arrêter en si bon chemin puisqu’il a contacté auprès d’un investisseur nord-américain un emprunt de 100 millions d’euros sur 15 ans. L’opération lui garantit des ressources financières à long terme, tout en diversifiant ses sources de financement, explique-t-on.

L’élargissement : une opportunité

L’élargissement de l’Union européenne apparaît, aux yeux d’Alex Bongrain, président du directoire, comme « une opportunité formidable » d’autant que le groupe s’y est bien préparé, et un défi, souligne le dirigeant. 2003 a été une année de consolidation en Europe centrale et orientale (8 % du chiffre d’affaires consolidé contre 7 % en 2002), renchérit Alain de Paillerets, membre du directoire, se disant très satisfait de l’activité en République tchèque, mais moins des développements en Slovaquie, où l’implantation récente a toutefois « pris le bon chemin » à la fin de l’année. Le dirigeant souligne la poursuite de l’effort de spécialisation des usines, qui, selon lui, « n’ont rien à envier » aux sites français. Du reste, cette année, l’ensemble des outils en Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie seront certifiés à la norme Iso 2001 et travailleront sous HACCP. Une autre préoccupation a été de renforcer le management dans ces pays, tout en consentant un « grand effort de formation». S’il travaille à moderniser les produits traditionnels dans ces pays où il collecte environ 600 millions de litres de lait, le groupe y privilégie les marques locales. Pour autant, il voit aussi dans l’abaissement des droits de douane, une possibilité de développer l’exportation de ses grandes marques vers ces marchés. En revanche, les dirigeants de Bongrain excluent de profiter des prix du lait très compétitifs dans les Peco, pour y délocaliser leurs productions destinées aux marchés d’Europe de l’Ouest.

Confiance

Les autres régions du monde pèsent pour leur part 17 % des ventes de Bongrain. Aux Etats-Unis, le groupe a enregistré « une bonne performance », indique Alain de Paillerets, avec le développement des deux marques Alouette, celle-ci étant fabriquée sur place, et Ile-de-France, qui est importée. En revanche, l’Amérique du Sud a déçu les attentes. Après les difficultés de 2001, 2002 avait vu « une récupération formidable », mais qui ne s’est pas poursuivie par une progression l’an passé. Au contraire, l’activité a été « plane», voire en retrait en Argentine. Au Brésil, les produits les plus chers ont peiné à maintenir leurs volumes, mais les propositions les plus accessibles ont permis de compenser cette évolution. Pour 2004, les dirigeants de Bongrain se montrent confiants et escomptent une croissance de la marge d’exploitation et du chiffre d’affaires, mais ne précisent pas leurs objectifs. Interrogé sur les motivations de cette confiance, Alex Bongrain l’explique par « l’équilibre des implantations mondiales ». « Un point constant de notre stratégie est le travail sur le long terme », souligne le président du directoire, qui entend poursuivre dans cette voie. Parmi les « fondamentaux » de l’entreprise, il cite en bonne place l’internationalisation, ainsi qu’une « culture d’entreprise forte, familiale et entrepreneuriale »