Les ministres de l'environnement de 74 pays ont renouvelé leur promesse de freiner d'ici 2010 la disparition des espèces menacées sans pour autant s'engager à des mesures concrètes, dans une déclaration adoptée lors de la conférence des Nations Unies sur la biodiversité, qui s'est achevée le 20 février à Kuala Lumpur (Malaisie).
Les représentants des parties à la Convention sur la biodiversité se sont dits "alarmés de voir la déperdition de la diversité biologique à un taux sans précédent en raison des activités humaines". Ils ont "reconfirmé (leur) engagement précédent à mettre en oeuvre de manière plus efficace et cohérente" un programme destiné à freiner cette perte dans les six années à venir.
Les ministres de l'environnement se sont aussi engagés à faire leur possible pour que leurs "gouvernements intègrent la conservation de la biodiversité et l'utilisation soutenable de ses divers composants dans le développement économique".
Les ministres ont enfin promis de travailler à la mise au point d'un régime international d'"accès et partage des bénéfices pour que les pays pauvres bénéficient aussi de la commercialisation de leurs ressources naturelles.
Mais ils ne sont pas prononcés sur la question clé de savoir si le pacte serait contraignant comme le réclamaient les pays du Sud.
Selon le site de la Convention sur la biodiversité, 34 000 plantes et 5 200 espèces animales, dont un huitième des espèces d'oiseaux, sont en voie d'extinction.
Ouverture de la conférence sur la biosécurité
La septième Conférence des parties à la Convention sur la biodiversité (COP7) a cédé la place le 23 février à la première Réunion des parties au Protocole de Carthagène sur la biosécurité (MOP1), qui devait faire jusqu'au 27 février un premier bilan officiel de cet instrument réglementant les échanges internationaux d'OGM entré en vigueur en septembre dernier pour plus d'informations: http://www.biodiv.org/meetings/mop-01/.
La discussion la plus épineuse portait sur la mise en place d'une banque de données internationale sur les biotechnologies où figureront les demandes d'exportation de nouveaux OGM. L'UE, soutenue par le Japon et le G-77 (pays en développement) souhaitait que la documentation remplie par les exportateurs soit la plus précise possible, tandis que les Américains et leurs alliés défendaient un système d'information minimaliste.
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La question de la responsabilité civile et de l'indemnisation en cas de contamination de cultures traditionnelles, et la création d'une commission de surveillance chargée de veiller au respect des obligations découlant du Protocole, faisaient aussi l'objet de vives controverses.
Les Amis de la Terre dénoncent l'«échec» des OGM
Le réseau écologiste des Amis de la Terre avait ouvert le feu de la conférence sur la biosécurité avec un rapport affirmant que malgré dix ans d'efforts, Monsanto et les autres groupes spécialisés dans les biotechnologies n'ont pas réussi à imposer semences et produits alimentaires transgéniques, sauf aux Etats-Unis disposnible sur le site internet: http://www.foei.org/publications/gmo/index.html.
Ce document souligne notamment qu'aucun des grands pays producteurs d'OGM "n'est en mesure de garantir l'innocuité des cultures et les accidents survenus (maïs StarLink, plantes biopharmaceutiques) montrent les risques d'introduction dans la chaîne alimentaire de produits interdits à la consommation humaine".
"Il n'y a pas un seul aliment OGM commercialisé qui soit moins cher ou meilleur que son homologue naturel et les cultures OGM existantes nécessitent pour la plupart plus de pesticides que les variétés conventionnelles", affirme le document, qui ajoute que "le cas de l'Argentine, deuxième producteur mondial d'OGM, montre que les cultures transgéniques ne sont pas une solution valable pour nourrir le monde, des millions d'Argentins étant sous-alimentés".
Le rapport dénonce aussi la réglementation "laxiste" des OGM aux Etats-Unis, où "plus de 50% des aliments transformés contiennent un ingrédient OGM", "en raison principalement de l'énorme influence des industriels, et tout particulièrement de Monsanto, sur les pouvoirs publics".
(HC)