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Vins Bordeaux : 2010 n’a pas permis de rattraper les effets de la crise

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Le Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB) a dressé un bilan économique de la filière le 16 mars à Paris. Après deux années difficiles, la situation s’est améliorée en 2010, sans revenir au niveau d’avant crise. Le CIVB veut cependant continuer son action pour lutter contre les prix bas.

Lors de la présentation du bilan 2010 des vins de Bordeaux, Georges Haushalter, nouveau président du CIVB, a rappelé l’ampleur de la crise qu’a connue la profession en 2008 et 2009.
« Cette crise s’est manifestée par une chute brutale et sans équivalent depuis des décennies de 20% de notre commercialisation. Nous avons perdu plus d’un million d’hectolitres dont 400 000 à l’exportation entre début 2008 et fin 2009 », a-t-il déclaré.
Heureusement, les vins de Bordeaux ont connu de meilleurs résultats l’an dernier. « En 2010, nous avons récupéré la moitié des volumes à l’exportation. Cependant, la situation reste toujours difficile pour de nombreuses entreprises viticoles faute d’une activité suffisante », a poursuivi Georges Haushalter.
« Beaucoup d’entreprises ont de grandes difficultés sur le terrain en matière de trésorerie », a constaté Laurent Gapenne, président de la Fédération des grands vins de Bordeaux, représentant les viticulteurs au sein du CIVB.

Fixer les rendements par catégorie de vin

Le président du CIVB a fait le point sur les avancées du plan « Bordeaux demain », destiné à lutter contre les prix bas, notamment sur le marché du vrac.
« Si 10% du vrac ne trouvent pas preneur, cela entraîne tout le marché à la baisse », a expliqué le président du CIVB.
L’interprofession mène deux actions sur ce point. D’une part, elle impose un contrôle de la qualité des lots vendus à prix bas (moins de 800 euros le tonneau) et un déclassement des lots en cas de problème de qualité (ils ne peuvent pas revendiquer l’appellation bordeaux). D’autre part, si les lots sont vendus à bas prix pour des raisons économiques, elle essaye de les acheter par l’intermédiaire de la structure d’achat de l’interprofession, Mercure. Mercure, après moins de trois mois de fonctionnement, a acheté 40 000 hl à 800 euros le tonneau.
Aujourd’hui, les cours se redressent dans le Bordelais mais il est difficile de déterminer l’influence des achats de Mercure et celle de la reprise de la demande. En effet, les cours sont en hausse dans la plupart des vignobles.
Pour maîtriser les volumes, l’interprofession envisage également d’intervenir sur les rendements fixés chaque année par l’INAO. Dans ce cadre, chaque ODG devrait évaluer le nombre d’hectolitres vendus par catégorie de vin (catégorie de prix) et les rendements seraient fixés par catégorie en fonction d’une évaluation des besoins basée sur les ventes des mois précédents, de manière à faire coller l’offre à la demande. Les vignerons auraient la possibilité de conserver une part des volumes dépassant les rendements fixés grâce à l’instauration d’une réserve individuelle, une pratique déjà en œuvre dans d’autres vignobles. Jusqu’à présent, le CIVB donnait un avis consultatif sur les rendements à l’INAO, il souhaite à présent que l’INAO soit tenu d’intégrer cet avis. Un accord en ce sens est en préparation. Le CIVB a également pour objectif de réduire d’environ 60% la part des vins vendus à petits prix (moins de deux euros la bouteille) qui atteint aujourd’hui un million d’hectolitres (un cinquième de la production). Différentes pistes sont à l’étude et notamment le développement des vins rosés et la remise à l’honneur d’un produit traditionnel bordelais, la Clarette.

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