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Philippe Auger, président d’Elvea France Bovins viande : le projet d’AOP « avance bien »

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Notre objectif prioritaire c'est d'obtenir un prix.

Annoncé au printemps, le projet d’association d’organisations de producteurs (AOP) de bovins viande porté par Elvea France espère être reconnu officiellement d’ici la fin de l’année. La majorité des OP Elvea sont engagées, mettant 30 à 40 % de leur volume à disposition de l’association.

Où en est votre projet d’association d’organisations de producteurs (AOP) annoncé au printemps ?

Le projet avance bien malgré la crise sanitaire. Nous devrions parvenir à faire reconnaître l’association par le ministère d’ici la fin de l’année. Depuis l’assemblée constitutive d’avril, six organisations l’ont rejoint, ce qui porte le nombre d’organisations membres à vingt-quatre, et nous permet de couvrir tout le territoire. Seules cinq ou six organisations ne nous ont pas rejoints, non pas par opposition, mais parce qu’elles étaient déjà engagées dans de nombreuses filières.

Je constate une forte implication des présidents d’organisations de producteurs et de nos collaborateurs dans cette aventure. La dynamique est bonne, les OP ont mis à disposition de l’AOP 30 à 40 % du volume de leurs adhérents. Cela ne veut pas dire que nous allons réussir à contractualiser cette quantité d’animaux, mais cela nous permettra de peser dans les négociations.

Après la reconnaissance officielle, quelle est la prochaine étape ?

Nous allons élaborer des accords-cadres pour chaque déclinaison raciale des labels, que nous soumettrons aux acheteurs finaux, de grandes enseignes de distribution par exemple. L’objectif est de couvrir tous les labels et toutes les races. Ces cahiers des charges signés avec les distributeurs comporteront des engagements sur les volumes, les cahiers des charges, l’élaboration du prix. Une fois ces accords signés, nous les mettrons à disposition des OP pour qu’ils négocient à leur tour avec leur premier acheteur, souvent un négociant. Notre objectif prioritaire c’est d’obtenir un prix. C’est ce qui donnera de la lisibilité aux producteurs, et permettra aux jeunes générations de s’engager dans le métier. Dans le contexte actuel, il leur faut quelques points de repères.

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Que va changer la future Pac sur le marché de la viande bovine ?

Les éleveurs de viande, notamment les plus spécialisés, vont subir une baisse des aides. Mais il ne faut pas qu’ils baissent les bras. Les OP doivent s’organiser davantage pour saisir les opportunités à venir, et compenser la baisse d’aide par des prix plus attrayants. Car si l’on continue comme cela, dans dix ans, un tiers de la consommation sera importée.

La réforme de l’aide bovine peut-elle favoriser l’engraissement, comme cela est promu par le ministère ?

Il est encore difficile de calculer l’effet de la réforme, d’autant que le calcul proposé par le ministère ne pouvait être plus compliqué. L’objectif pour l’engraissement sera déjà de le maintenir à son niveau actuel. J’ai plutôt peur que ce ne soit la première activité qui trinque avec la nouvelle Pac, car cela nécessite une capitalisation importante. Or les éleveurs de taurillons n’ont pas vraiment dégagé de revenu depuis deux, trois ans. Le problème, c’est que lorsque l’on arrête l’engraissement, on y revient généralement pas. Selon moi, le maintien de l’engraissement passera surtout par la création de filières de qualité, surtout en lien avec les abattoirs français.