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Bovins viande : les distributeurs bloquent la diffusion des indicateurs de prix

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Au sein d’Interbev, les distributeurs s’opposent à la diffusion des indicateurs de coût de production. Ceux-ci doivent servir de base à la contractualisation, qui deviendra obligatoire pour la majorité des bovins viande en 2022.

Les représentants de la grande distribution « se sont encore opposés, ce jour, à la publication de l’indicateur de coût de production des éleveurs, par l’interprofession Interbev », dénonce la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) dans un communiqué le 23 novembre. Contactée par Agra Presse, Interbev confirme ce vote négatif des deux organisations FCD (Fédération du commerce et de la distribution) et FCA (Fédération du commerce coopératif). La FNB demande donc au ministre de l’Agriculture de « durcir le ton » et de « faire respecter la loi » du 18 octobre, dite Egalim 2.

La FNB publie les indicateurs de septembre

La loi « visant à protéger la rémunération des agriculteurs » va rendre obligatoire la contractualisation entre les agriculteurs et leurs premiers acheteurs, sur la base des indicateurs interprofessionnels. Une obligation qui entrera en vigueur le 1er janvier 2022 pour certaines catégories de bovins viande : vaches, génisses et jeunes bovins (JB). Soit un an plus tôt que pour l’ensemble des filières agricoles (1). Par ailleurs, le Code rural dispose que les interprofessions « élaborent et publient des indicateurs » de référence (indicateurs de marché et de coût de production). Une publication qui doit être réalisée par les interprofessions « dans les quatre mois suivant la promulgation » de la loi Egalim 2, et à défaut par les instituts techniques si ce délai est dépassé.

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La publication des indicateurs, « c’est le B-A-ba en matière d’application de la loi », martèle la FNB. Et de rappeler que la méthode de calcul correspondante avait été approuvée « à l’unanimité » à travers l’accord interprofessionnel du 22 mai 2019. Devant le refus des distributeurs, l’association spécialisée a publié, dans son communiqué, les indicateurs de septembre. Ceux-ci montrent une hausse de l’Ipampa (moyens de production) de 4,7 % par rapport à 2020. Au premier semestre 2021, les coûts de production s’élevaient à 5,10 €/kgéc (équivalent carcasse) pour les vaches allaitantes, 5,58 €/kgéc pour les génisses, 4,94 €/kgéc pour les jeunes bovins, et 3,38 €/kg vif pour les broutards. Soit une hausse moyenne de 3,9 % en un an. Un argument supplémentaire pour l’amont des filières d’élevage, soumis à de fortes hausses de charges (matières premières, énergie, etc.) et qui tente de faire passer des hausses aux distributeurs dans les négociations annuelles qui démarrent.

Publier les indicateurs, « c’est le B-A-ba » pour la FNB