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Bovins viande : vers un « plan de relance » à l’été

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Bruno Le Maire a annoncé aux représentants de la filière bovine qu’il était prêt à travailler à un « plan de relance » d’ici cet été. Marc Fesneau souhaite que les filières animales soient exemptées de l’obligation de renégociation à la baisse des prix en grande distribution.

Le ministre de l’Économie a rencontré, ce 5 juin, les représentants de la filière bovine, auprès desquels il s’est dit « prêt à travailler », avec le ministre de l’Agriculture, sur un « plan de relance » sectoriel. L’information a été dévoilée à l’issue de la réunion, à Agra Presse par le président de la Fédération nationale bovine (FNB), Patrick Bénézit, et précisée en ces termes par le cabinet de Bruno Le Maire.

Probablement pour en faire l’annonce, le ministre de l’Économie serait également « prêt à aller sur une exploitation d’élevage bovins cet été », avec Marc Fesneau. Bruno Le Maire rencontrait les représentants de la filière quelques jours après son message sur Twitter vantant les bénéfices climatiques des imitations végétales de viande, et la parution d’un rapport de la Cour des comptes plaidant pour un accompagnement de la baisse du cheptel de bovins viande français.

Le ministre de l’Économie aurait également annoncé que la réécriture du décret sur les dénominations animales, suspendu par le Conseil d’État, serait achevée d’ici la fin du mois. Une information confirmée deux jours plus tard par le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau lors de l’assemblée générale d’Inaporc (interprofession porcine).

Ne pas « en rajouter » pour certaines filières

Autre sujet de préoccupation de la filière : les renégociations commerciales. Pour rappel, à l’issue d’une réunion avec le gouvernement le 17 mai, les 75 plus gros industriels français de l’agroalimentaire avaient accepté de rouvrir les négociations avant fin mai, dès lors que le prix de leurs produits avait augmenté de plus 10 % lors des accords passés en mars, et que ces entreprises avaient enregistré depuis « une baisse de coût de l’un de leurs intrants de plus de 20 % ».

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À l’occasion de l’assemblée générale, le ministre de l’Agriculture a évoqué, à demi-mot, ce dispositif. Marc Fesneau a plaidé, sans le dire ouvertement, pour que les filières d’élevage soient toutes exemptées, au même titre que la filière laitière : « On ne peut pas demander aux productions déjà fragilisées d’en rajouter », a-t-il déclaré. En rencontrant le ministre de l’Économie, la filière bovins viande avait d’ailleurs demandé cette exemption. Et à la sortie, elle estimait avoir obtenu gain de cause, pour l’ensemble des viandes. Une information démentie par le cabinet de Bruno Le Maire, qui explique que le ministre évoquait le cas d’une entreprise en particulier, qui n’entrait effectivement pas, de fait, dans les conditions obligeant une renégociation.

Plus généralement, les filières animales cherchent le soutien du gouvernement. L’interprofession porcine Inaporc a profité de son assemblée générale pour dévoiler, en présence des représentants de six autres filières animales (1), un « manifeste pour la sauvegarde de l’élevage français ». L’objectif est de créer un « puissant mouvement collectif afin de réagir au dénigrement général dont tous les types de filières animales sont désormais victimes, y compris de la part de certains représentants du gouvernement ou d’institutions publiques », indique un communiqué d’Inaporc.

Saluée par le ministre de l’Agriculture, présent lors de l’assemblée générale, la démarche s’inscrit dans le cadre des négociations de l’accord commercial UE-Mercosur, de la réglementation européenne IED (émissions industrielles) et en amont des annonces sur la stratégie climat du ministère de l’Agriculture, et des débats sur la révision des normes de bien-être animal prévus en fin d’année. Selon les estimations de l’Ifip, l’application des normes de bien-être animal telles que décrites par l’Efsa dans ses préconisations coûteraient 9 milliards d’euros en dix ans à la filière, qui craint une distorsion de concurrence avec les pays tiers et des importations. Le président de l’Inaporc Thierry Meyer assure que la filière est « prête à évoluer », mais « pas à pas », sur « du long terme » et « accompagnée » par les pouvoirs publics.

Le décret sur les dénominations animales attendu pour fin juin